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1795

Niklas Natt Och Dag

« La patience est la ressource du pauvre. »

Niklas Natt Och Dag (Nuit et jour en suédois) revient pour son troisième et dernier volet des aventures de Cardell et Winge… Peut-être attendais-je trop de cette suite et fin?


« J'imagine l'avenir un peu comme la vue sur Stockholm depuis les hauteurs de Bödelsbacken. Elle est peut-être belle de loin, mais quand on y arrive, on patauge dans la merde. »

Ainsi donc, nous retrouvons le Boudin et l’enquêteur, immédiatement après les événements ayant marqué la fin de 1794. Ils sont dépités, dégoûtés, Jean Michael Cardell surtout, qui n’a pas pu être le héros qu’il souhaitait et qui s’est fourvoyé, ce qui a coûté la vie à de nombreux enfants et lui a fait perdre l’amitié et l’estime d’Anna.

Cette dernière est en possession d’un document qui fait d’elle une personne des plus recherchées de Stockholm. Son passage à la filature lui a permis de dérober une liste qui, si elle était découverte, ferait tomber de nombreuses personnes haut placées car cette liste contient les noms des opposants au pouvoir, les noms de ceux qui se rêvent à la tête d’une révolution.

Mais Anna est introuvable, pour les autres et pour elle-même. Perdue dans son chagrin, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même et se laisse guider, telle un pantin, par un garçon de 13 ans en quête de sa mère.

En parallèle, alors que le printemps puis l’été embrasent la ville entre les ponts, celui à cause duquel tout s’est mal passé - Tycho Ceton - se cache. Conscient de n’être plus dans les grâces de sa confrérie, il va tout faire pour se racheter une réputation et retrouver son rang ainsi que l’estime de ses pairs, avides de sang et de cruauté.

Dans une Suède exsangue, qui attend la fin de la régence pour avoir de nouveau un roi pour la sortir de cette situation misérable dans laquelle elle se trouve, Cardell, Winge, Anna Stina et Ceton se tournent autour et se cherchent les uns les autres en même temps qu’ils se perdent eux-mêmes : dans la culpabilité, le chagrin ou la violence…


« … mais que vaut un nom s'il ne peut être lié à un lieu, placé dans un contexte, confirmé par les liens du sang? Ce n'est qu'un son vide de sens.»

J’ai été décontenancée et un peu perdue. Ma lecture de 1794 commence à dater un peu (2021) et il m’a fallu fournir un effort considérable pour recoller les morceaux, me souvenir des retournements, des personnages, des intrigues…

Il m’aura fallu aussi faire abstraction de ce que j’avais oublié, accepter de me perdre dans un brouillard passager avant de retrouver l’éclaircie finale.

J’ai eu du mal à entrer dans ce roman, toujours aussi noir, toujours aussi misérable car dépeignant une capitale suédoise en proie au plus grand désœuvrement. Et pour ne pas me laisser submerger par la déception, c’est ce que je décide de retenir : une grande leçon d’Histoire sur ce pays qui, aujourd’hui, semble pacifique et paisible, alors que son passé est aussi triste et violent que le nôtre, la météo scandinave en plus.

On devine une réelle appréhension politique liée à l’insécurité de la régence et les résultats catastrophiques engendrés par les conflits menés par le roi Gustav. Il y a aussi l’espoir que le jeune prince ne reproduise pas les erreurs de son père et qu’il sorte le royaume de l’austérité imposée par son tuteur.

Le pays traverse une période terrible mais, au milieu de la violence, des vols, des viols, des rapines et des meurtres, il y a aussi l’aide, l’amitié, le soin, et l’amour toujours… Comme autant de petites fleurs qui subsistent au milieu de la fange, et qui permettent de garder espoir.

1795 est, comme les volets précédents, une grande leçon sur le passé et les idées reçues, un portrait glaçant d’un temps et d’un lieu qu’on est heureux de ne pas habiter. Une porte ouverte à l’espoir de jours meilleurs et à l’envie d’en savoir plus sur ce royaume du nord, qui nourrit aujourd’hui encore de grands fantasmes.


« Quand des fous ont des visions, on les enferme, quand il s'agit de personnes pieuses, on appelle ça religion. »

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