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A l’ombre de Winnicott

Ludovic Manchette &Christian Niemec

« Ne croyez-vous pas que nous avons à apprendre de notre passé ? (...) il me semble essentiel de savoir d’où nous venons.»

Dans le Sussex des années 1930, Archibald, Lucille et leur fils Georges se sont installés dans le grand manoir de Winnicott, héritage d’Archie. Ils y vivent depuis peu, entourés de leur majordome, de deux bonnes et d’une cuisinière. Quand Viviane, la préceptrice française arrive au domaine, elle ne fait pas grande impression à la mère de famille mais un lien très fort va se créer avec le petit garçon surprotégé. Il faut dire que Georges, 10, fils unique, est aveugle de naissance. Et particulièrement sensible aux ondes, aux sons, aux odeurs qui l’entourent.

Archibald, archéologue, est souvent parti, pour de longs mois, laissant sa femme et son fils seuls avec les domestiques et… des présences diffuses, effrayantes, envahissantes, glaçantes. Au début, tout le monde pense que Lucille souffre de l’absence prolongée de son mari et que l’enfant a une trop grande imagination. Mais petit à petit, ce sont tous les habitants de Winnicott qui subissent les assauts des spectres, refusant cependant de céder aux superstitions, malgré la frayeur grandissante. Même Viviane, la plus courageuse (ou la moins froussarde) de tous et le majordome (le plus sceptique), finissent par accepter l’inacceptable. 

Il faut trouver une solution pour que le manoir soit débarrassé de ces esprits et que les vivants ne soient plus importunés par les morts. Il en va de la santé de tous !


« Si je ne devais croire que ce que je vois, je ne croirais en rien….»

La rentrée littéraire de l’automne 2024 commence à se préparer, et c’est assez naturellement (et avec un enthousiasme non feint) que j’ai décidé d’entamer les festivités avec Manchette et Niemec qui m’avaient bien fait rire dans Alabama 1963. Ici, autre salle, autre ambiance. On passe du sud des Etats-Unis dans les années 60 et la persistance de la ségrégation à la noblesse anglaise des années 30 et les histoires de fantômes. Et… j’aurais préféré rester aux USA, j’avoue. 

Le huis clos du manoir de Winnicott est bien mené, les personnages sont intéressants et interagissent dans une sorte de ronde où l’on reconnaît l’absurde du théâtre anglais ou des vieux romans d’Agatha Christie. C’est une atmosphère, des tempéraments, des situations cocasses qui ne manquent pas de nous faire rire, malgré les présences désagréables qui viennent déranger tout le monde, faire peur aux habitants (et aux rares invités) et qui mettent tout le monde en danger, à commencer par Georges et Lucille. 

J’ai aimé ces personnages et cette dynamique, l’époque, les us et les lieux sont idéalement traités, alternant drames et légèreté, confrontant les points de vue et les croyances, créant des dynamiques surprenantes et rafraîchissantes. 

Bref, un moment de détente, certes, mais avec une légère déception tout de même que cette incursion du fantastique. Je pense qu’on aurait pu ancrer tout ce petit monde dans le réel, le tangible, et le faire passer dans l’enquête criminelle, que ça n’aurait rien enlever à la qualité de l'histoire, bien au contraire. 


« L’esprit ne voit que ce que le cœur lui montre...»

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