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Billy Summers

Stephen King

« …tout écrivain qui publie son texte flirte avec le danger. Cela fait partie de l’attrait. Regardez-moi. Je vous montre ce que je suis. Je suis nu devant vous. »

Quelque part aux Etats-Unis, dans un état où la peine de mort est encore en vigueur. C’est le printemps 2019.

Tout commence par un contrat. Billy Summers, 44 ans, ancien tireur d'élite de l’armée des États-Unis, vétéran de la guerre en Irak, est désormais tueur à gages. Il a été recruté pour abattre un homme, un méchant, avant que ce dernier ne soit jugé.

Ce contrat oblige Billy à rester sous couverture pendant plusieurs mois dans une petite ville, se faisant passer pour un écrivain en résidence. Pendant ces quelques semaines, en attendant l’exécution pour laquelle il a été commandité et pour lequel on lui offre la coquette somme de 2 millions de dollars, il va se lier d’amitié avec son entourage et se surprendre de lui-même : par sa capacité à nouer des liens, par son envie d’écrire pour de vrai, par le constat qu’il fait de sa vie…

Une fois la mission remplie, alors qu’il est en planque, il sauve une jeune femme de 21 ans, laissée pour morte par trois agresseurs-violeurs. Commence alors pour Billy et Alice une aventure sur les routes des États-Unis, un amour chaste qui grandit, une confiance qui s’établit, un désir de vengeance qui se nourrit au contact l’un de l’autre.

Entre ce qu’il vit et ce dont il se souvient, Billy nous dévoile des facettes insoupçonnées, qui font de lui “un type bien qui fait un sale boulot”..


« L'écriture est également une forme de guerre, qu'on livre contre soi-même. L'histoire, c'est ce qu'on porte, et chaque fois qu'on y ajoute quelque chose, elle devient plus lourde.»

Stephen King est indéniablement un auteur prolifique, mais généralement dans un genre très particulier : l’angoisse. Shining, Carrie, Misery… On tremble souvent d’avance quand il s’agit de se plonger dans ses romans.

Mais ici, avec Billy Summers, l’auteur semble sortir de sa zone de confort, et nous offre un récit surprenant, sans psychopathe, sans monstre, sans paranormal,… Il s’agit juste d’un homme, tueur à gages, un humain, avec une ligne de conduite, un grand cœur, et des principes.

À bien des égards, Billy l’idiot m’a rappelé mon cher Leon (Luc Besson - 1994), autre tueur à gages au grand cœur, tombé sous le charme d’une gamine en détresse qui n’a besoin, pour s’en sortir, que d’une personne qui l’aime et le lui montre. Ce n’est pas un méchant, c’est un homme qui fait son travail.


J’avais peur de ce nouveau Stephen King, déçue que j’avais été par Après, l’an dernier. Mais force est de constater que l’auteur, malgré les dizaines de romans écrits, a encore cette capacité à surprendre, à étonner, et à entraîner son lecteur avec enthousiasme et brio. Les références montrent qu’on est définitivement dans une autre catégorie de roman que celui de l’an dernier : Emile Zola, la politique de Trump, le Covid, l’Overlook Hotel… L’intelligence de Billy, sa sensibilité, son passif en font une personne qu’on aimerait rencontrer. D’autant plus que les rappels à la vraie vie sont nombreux : dans un film, voilà comment ça se passerait. Mais nous ne sommes pas dans un film, donc…

Je suis très contente d’avoir traversé les États-Unis avec Billy, Alice et Stephen, King. D’avoir découvert les petites villes du grand pays, les arcanes d’un monde pourri, où subsistent malgré tout des gens bien.


« La vie serait plus belle si elle était écrite par Shakespeare…»

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