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Ce qu'il faut de nuit

Laurent Petitmangin



« Ils étaient beaux mes deux fils assis à cette table (…). Ils étaient assis dos à la Moselle , et j’avais sous les yeux la plus belle vue du monde»

C’est l’histoire d’une famille bancale, pas comme les autres un père et ses deux fils, Fus (Frédéric) et Gilou. La mère de famille est décédée d’un cancer, sans jamais se battre contre la maladie. Les trois survivants se débrouillent si mieux qu’ils peuvent, comme ces tabourets à trois pieds, pas confortables mais stables.

Le père est mécanicien à la SNCF. Il a eu quelques égarements avec l’alcool à la mort de son épouse mais ses enfants et leur avenir lui ont donné la force de gagner la bataille. Engagé politiquement, plus par habitude que conviction, il reste un socialiste plus d’idéaux. Alors lorsque son aîné commence À fricoter avec des jeunes du Front National, ça ne lui plaît pas, mais alors pas du tout. Entre les deux hommes, c’est la guerre froide. Jamais d’attaque frontale pour protéger le benjamin, mais plus de connivence, plus de complicité.

Et bientôt, l’enchaînement de violence. Fus est tabassé, salement amoché. Quatre jours de coma et plusieurs mois plus tard, on le retrouve à la barre des accusés à la cour d’assise de Metz.


« Mais là, c’était mon fils. Tout ce qui lui arrivait m’arrivait. Et pour cette raison, j’avais choisi de prendre mes distances. »

C’est le titre qui m’a attiré vers ce roman dont j’ignorais absolument tout. Je ne connaissais ni l’auteur ni le pitch. A l’aveugle, je me suis plongée dans cette histoire de famille et de convictions. Cette histoire d’amour, cet amour filial, puissant et impuissant en même temps. Cet aveu de faiblesse de chaque parent : Comment l’éducation que j’ai donné à mon/ mes enfants a pu entraîner ces conséquences là? Où ai-je péché? Qu’ai-je fait? Que n’ai-je pas fait?

Ce papa pour lequel ses enfants sont tout l’univers, ce papa dépassé par le deuil qui trouve la force de continuer dans les moments partagés avec ses garçons, ce papa qui (sur)vit grâce à des enfants se retrouve plongé dans le désespoir de ses lacunes, réelles ou imaginées.

C’est un roman fort, beau, touchant. En tant que parent, on est partagé entre appréhensions et empathie : appréhension que nos enfants nous échappent, empathie pour le mal que ce père se donne pour donner le meilleur à ses fils. Tout au long de ma lecture, c’est une chanson des Wriggles qui m’a envahi la tête, impossible de m’en débarrasser tellement elle colle à ce récit, Petit Bonhomme.

Un moment d’émotion forte donc, pour aimer, réfléchir et agir, avant qu’il ne soit trop tard…


« À vivre ta vie à pile ou faf', ta pièce t'a rendu sa monnaie (...) Y a personne d'autre que moi sur Terre, le jour de ton enterrement, à franchir la grille du cimetière : Vois, tous tes copains sont absents. Et maintenant, qu'est-ce qui fait qu'au jour où nous sommes, Je ne suis qu'une maman, qui pleure son petit bonhomme… » Wriggles
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