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Développement personnel (et individuel)

Il y a dans ma bibliothèque des ouvrages "pour aller mieux". Mais est-ce vraiment la/ ma solution ?


J'ai reçu lundi mon exemplaire, enfin, de "Fort comme un hypersensible" de Maurice Barthélémy. Cet acteur, que nous connaissons quasiment tous comme "le chauve" (désolée @Maurice) des Robins des Bois, a co-écrit un ouvrage sur cette spécificité qu'est l'hypersensibilité. L'entendre en parler m'a vraiment donné envie d'en savoir plus et m'a permis de réfléchir sur ma propre émotivité. Depuis que j'ai entendu parler de ce livre, j'ai écouté des podcasts, lu des articles, regardé des émissions. Je me suis hyper renseignée sur le sujet et sur d'autres. Mais je n'ai pas encore ouvert le bouquin.


De fait, j'ai ainsi réalisé que dans ma billy-othèque, une étagère complète (voire même un peu plus) est consacrée aux livres de développement personnel.

"Je pense trop" (C. Petitcollin), "L'intelligence émotionnelle" (D. Goleman), "Imparfaits , libres et heureux" (C. André)... des références dans le domaine. Des références que je n'arrive pas à lire. Je suis capable de vous les résumer, d'en parler, de débattre sur les sujets qu'ils traitent. Je les conseille même dans le cadre de mon activité professionnelle. Mais je n'en ai fini aucun. Et pourquoi ? Parce que je m'ennuie. parce que cela ne me fait pas rêver, cela ne m'embarque pas. Cela me confronte à beaucoup d'abstrait, pas assez de concret.


Alors il y a les romans, les récits, les autobiographies. Et là de suite, je me sens mieux. De "Mange, prie, aime" (E. Gilbert) à "Yoga" (E. Carrère) en passant par "Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi" (M. Malzieu) ou "Avant que j'oublie" (A. Pauly), ces chemins parcourus, en vrai, par ceux qui nous les racontent me touchent davantage.

En parallèle, le "y'a qu'à - faut qu'on" de "ta deuxième vie commence quand..." machin bidule (R. Giordano) m'a profondément agacée. Et la réponse à ma question est sans doute là. Le fameux "y'a qu'à - faut qu'on".


Je réalise que j'ai effectivement beaucoup de mal à accepter qu'on me dise ce que je dois faire. Je suis l'incarnation vivante de ce proverbe qui dit « Donnez à un homme un poisson et vous le nourrirez pour un jour. Enseignez-lui à pêcher et vous le nourrirez pour la vie. » J'aime trouver mes réponses toute seule. J'aime apprendre et trouver du sens là où d'autres n'en trouverons peut-être pas. "L'empreinte de toute chose", magnifique roman d'Elizabeth Gilbert, m'a par exemple appris qu'il ne faut parfois pas grand chose pour voyager loin dans le temps et dans l'espace, il suffit d'un peu de mousse sur des rochers.


Je suis perplexe (mais pas que) face à celles et ceux qui collectionnent les ouvrages concernant la manière d'aller bien et qui les lisent en entier d'un coup d'un seul. Celles et ceux qui ont vu leur vie transformée depuis qu'ils ont mis en application les conseils prodigués par "Miracle morning" ou "Les cinq blessures qui empêchent d'être soi-même" (L. Bourbeau). (J'avoue que ma vie de jeune maman a été considérablement améliorée par les conseils de Gina Ford dans "the new Contented Little Baby Book" mais en dehors de ça...).


Suis-je moins sensible ? trop quelque chose? ou bien ai-je besoin de distance et d'un peu de poésie, de vécu, pour me sentir concernée ? Non, en fait, j'ai besoin que ça aille vite. J'ai besoin d'une piqûre qui déclenchera la réflexion mais pas d'une réflexion toute faite, déjà pré-mâchée. Du moins, c'est comme ça que je l'analyse. Un de mes livres de références, c'est "Et tout le monde s'en fout". Une idée = un concept = une double page. Voilà. Ensuite, j'y retourne ou bien je creuse si j'en ressens le besoin. Mais 450 pages sur le triangle relationnel ou les bienfaits de la psychanalyse... non, je ne suis pas cap.


Une personne très sage de mon entourage m'a rassurée sur mes capacités intellectuelles (que forcément, j’interroge quand je ne suis pas capable de faire quelque chose). En fin de compte, peut-être que les livres de développement personnel ne sont pas faits pour être lus d'une traite. En tous cas pas par moi. Son positionnement est très intéressant: elle prend, feuillette, lit un passage ou deux, réfléchit, prend des notes, approfondit la réflexion et plus tard, revient sur le livre. Un peu comme un guide, un outil pédagogique dans lequel elle pioche ce dont elle a besoin quand elle en a besoin.


J'ai écrit précédemment un article sur la Bibliothérapie et je suis persuadée que la lecture est une manière extraordinaire d'aller mieux et de trouver des réponses à des problématiques, de surmonter des épreuves. Je voudrais être capable de lire d'une traite "Les quatre accords Toltèque" (M. Ruiz) ou "Le sens du bonheur"(Krishnamurti). mais "L'âme du Monde " (F. Lenoir) ou "Anima", ça fonctionne mieux (W. Mouawad)


J'ai décidé de me lancer dans une enquête, je vais construire un outil pour interroger ces lectures et leurs lecteurs car en vrai, cela m'intéresse. Les process, les dynamiques intellectuelles qui poussent les gens vers tel ou tel type d'ouvrages, les mécanismes, les goûts, les couleurs, tout... tout ce qui m'aidera à y voir plus clair et à mieux comprendre le pourquoi du comment...


En attendant, je vais relire "Comme un roman" (D. Pennac) et "L'homme qui aimait les livres" (Lutz), histoire d'apaiser ma curiosité.


C'est tout. Pour le moment.

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