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Dans les brumes de Capelans

Olivier Norek

« Il y a des flics qui chassent les monstres. Il y des flics qui protègent leurs victimes. La différence est ténue mais entre les deux philosophies, c’est tout un monde.»

Victor Coste est de retour, vive Victor!

Six ans après la fin dramatique de son enquête menée tambours battants dans Surtensions, on retrouve l’ancien capitaine de la PJ de Seine-Saint-Denis sur l’île de Saint-Pierre, dans l’archipel de St-Pierre-et-Miquelon, territoire français situé à 4500 km de la métropole. Sous couvert d’une fonction de commandant à la police des frontières, il est en fait peseur d’âmes, comprendre qu’il est le gardien d’une safe-house. Sous secret-défense, il protège des témoins et, le cas échéant, les fait parler pour faire tomber de plus gros criminels avant d’offrir aux repentis une toute nouvelle vie, anonyme.

Jusqu’au jour où on lui envoie Anna. La jeune femme de 24 ans a été enlevée et séquestrée 10 années durant. Elle est la seule victime vivante d’un criminel voleur et tueur d’enfants. Elle est aussi la seule à pouvoir éclairer les enquêteurs sur les motivations, les actes et surtout l’identité du meurtrier. Coste l’accueille, sous pression de sa hiérarchie parisienne, la répare, la protège et la fait parler… mais quelle est la valeur et la sincérité de ce qu’elle lui dit? Dans un environnement à la fois envoûtant et hostile, ce sont deux âmes brisées qui se découvrent et se révèlent, pour le pire plus que pour le meilleur…

« Que l’on tombe de vingt mètres ou de deux cents… le résultat est identique. On se brise. »

Il aura donc fallu six ans à Olivier Norek pour nous offrir une nouvelle aventure de son capitaine courageux mais néanmoins émotionnellement anéanti qui a plus que fait ses preuves dans la fameuse Trilogie 93. Et avec Coste, Olivier Norek retrouve un style, un rythme, un ton, un don même, que l’auteur semblait avoir mis de côté, le temps que le capitaine revienne. Non que les romans intermédiaires (Entre deux mondes, Surface, et Impact) aient été mauvais, loin s'en faut, mais le plaisir n'est pas le même, l'écriture n'est pas la même. Moi qui ne suis pourtant pas une afficionada des personnages récurrents, j'ai pour ce flic du 9-3 une affection particulière, et ce depuis le début.

Dans ce nouveau polar à 4500 km de Paris, on retrouve tout ce qui fait l'efficacité de Norek : ses descriptions, ses dialogues, ses personnages, son sens du détail et le suspense. On reconnaît également l'expertise de l'expérience policière. Et sur ce qu'il n'a pas expérimenté lui-même, il a mené une enquête suffisamment minutieuse pour que tout soit crédible, tout soit vérifiable. L'information est d'ailleurs donnée dès le début du roman : 95 % de ce qui est dit dans le déroulé de cette enquête est véridique. Ce qui nous donne l'impression d'être en immersion, mais aussi dans la sécurité du vrai. On se doute que dès lors qu'il s'agit de secret-défense, il y a des choses qui ne peuvent être dites, mais il n'empêche, on y croit, on y est, on lit l'action comme si on y était. Et c'est jouissif !

Un excellent Norek donc, qui s'il n'est pas encore - pour moi - à la hauteur de Lemaître, a du moins toute sa place dans la famille des Auteurs, avec un grand A !

« L'amour n'a pas de forme, il s'adapte et se coule dans n’importe quel moule, même brisé, ébréché. Rien n'empêche l'amour d'être sordide ou malsain. »

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