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Des poignards dans les sourires

Cécile Cabanac

Challenge #menagetapal en tête, je me suis plongée dans ce polar acheté l’an dernier à l’occasion du Festival du Livre de Paris et dédicacé par l’auteure. Un premier roman au potentiel prometteur !


« La vérité n’a pas les rondeurs confortables et familières de l’ignorance. La vérité pique,coupe, brise, brûle. »

Novembre 2000. En Auvergne, à Ceyrat, François cuve. Sa femme et ses trois enfants sont partis passer le week-end en région parisienne chez sa belle-sœur. Il est seul à la maison, il a la gueule de bois. Il n’aura pas le temps de s’en remettre : dans sa cuisine, il est poignardé à de nombreuses reprises.

Lorsque Catherine rentre de Fontainebleau, elle constate la disparition de son mari. Loin de s’en inquiéter, elle commence à revivre. Elle se sent libérée. Mais cela ne dure qu’un temps car la mère du disparu, elle, est morte d’inquiétude. Alors qu’un corps démembré est découvert par la Police de Clermont-Ferrand, Michelle oblige sa bru à se rendre à la gendarmerie pour déclarer la disparition de François. Les deux enquêtes vont forcément être reliées très rapidement et la Capitaine Sevran va être saisie de l’investigation. Avec son lieutenant Biolet, ils vont fouiller dans les secrets et les non-dits de tous les membres de la famille : la mère et les sœurs de la victime, sa femme et ses enfants, le contremaître repris de justice et même la sœur de Catherine, en phase terminale d’un cancer. Tous ont des choses à cacher et, sans surprise, des raisons d’en vouloir furieusement à la victime. Sevran, Biolet et leurs collègues n’ont pas fini d’être surpris par les rebondissements et nombreux détours que va prendre cette enquête.


« Elle a pris les enfants comme ils sont venus. Une fatalité. »

On ne va pas se mentir, c’est un premier roman. Ainsi, il comporte son lot d’étourderies et parfois même de petites incohérences. Mais, avec cette première enquête de Sevran, Cécile Cabanac nous entraîne dans l’Auvergne du début des années 2000 avec ses paysages abruptes, ses dangers et surtout la violence qui agit malheureusement partout. De la même manière que Minier nous a montré que Paris n’a pas le monopole des enquêtes criminelles, Cabanac nous invite dans une autre province, aux allures tranquilles, une région de France aux apparences de petite aristocratie sans histoires qui, en fin de compte, contient elle aussi son lot de malveillances, de secrets et de violence. La région connue pour ses massifs et ses volcans nous offre ici une autre sorte d’irruption : celle des vices, des combines, de la maltraitance familiale et de la vengeance. Avec le recul, on voit que la région, comme cette famille, nous trompe : derrière ses façades pompeuses et ses paysages enneigés se dissimulent de noirs desseins.

Cette lecture m’a fait voyager dans un coin de France que je connais peu, elle m’a tenue en haleine et les personnages, attachants, m’ont donné envie de ne pas lâcher cette auteure qui a, comme je le disais plus haut, montré dans ce premier récit, une maîtrise des codes du bon polar. Affaire à suivre donc !


« Raconter des doutes et ses troubles leur confère trop d'importance et de gravité. Elle préfère les garder en elle, bien à l'abri. »
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