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Entre Fauves

Colin Niel

« Les gens sont comme ça : les belles histoires, ils ont envie d'y croire pour oublier tout le reste. »

Vous avez remarqué, c'est toujours lorsqu'on a une P.A.L. haute comme l'Empire State Building qu'il y a d'autres ouvrages qui viennent nous tenter, nous appâter. Comme ça a été le cas de ce polar, conseillé par un fidèle lecteur qui connaît mes goûts pour le polar. Et je me suis laissée prendre par son enthousiasme, aussi pressée de quitter le Cantal où j'étais restée pendant trois livres.


Martin, Apolline, Komuti et Charles sont les quatre narrateurs de cette aventure.

Martin est garde de parc national, dans les Pyrénées. Viscéralement anti-chasse, il est obnubilé depuis quelques mois par la disparition de Cannelito, le dernier ours du massif. Quand il ne le cherche pas, il administre un groupe Facebook : Stop Hunting France. C'est par ce biais qu'il tombe sur une photo d'Apolline.

Cette dernière a 20 ans, tout juste. Pour son anniversaire, son père lui a offert un voyage en Namibie. Une chasse au trophée en fait. Et le trophée, c'est Charles, un vieux lion, vivant en autarcie, s'attaquant aux troupeaux et semant la terreur chez les hommes qui vivent alentour. Parmi ces hommes, Komuti, un garçon berger dont le père a perdu toutes les chèvres, décimées par Charles.

Tous ces personnages sont liés les uns aux autres, entre mi-mars et fin avril, entre Pyrénées et Namibie. Entre chasseurs, chassés et anti-chasses.

« La nature, les hommes étaient plus forts pour la détruire que pour la préserver. »

Le ton est varié et variable en fonction de qui s'adresse au lecteur. Plein de colère lorsqu'il s'agit de Martin, d'excitation quand c'est Apolline qui prend la parole, on retrouve une autre forme de rage avec Komuti et Charles est majestueux, noble, fier.

L'auteur nous perd parfois un peu entre les différentes dates mais on reprend vite le fil chronologique en fonction des événements narrés. Et ce sont davantage les termes techniques liés au tir à l'arc et à la faune qui m'ont quelquefois un peu perdue.

On sent une maîtrise des environnements, que ce soit dans les montagnes françaises ou le bush africain. Les recherches de Niel transparaissent dans sa manière d'implanter le décor, les termes techniques, les descriptions des lieux et des individus, humains et animaux.

« Il marcha comme un lion qui n'a pas failli mourir (...) un rescapé, peut-être, mais ne l'étaient-ils pas tous, ces félins des zones arides ? »

“Entre Fauves" est aussi un pointeur visé sur l'horreur, les massacres, la violence de l'Homme sur tout ce qui l'entoure, faune comme flore. C'est une dénonciation de la chasse mais pas seulement. Des faux-semblants, des discours bien écrits et en apparence bienveillants, qui ne sont pas suivis d'effets dès lors que des intérêts politiques ou financiers entrent en ligne de compte. En France mais pas seulement. Partout, l'homo-sapiens attend de l'environnement qu'il plie, qu'il s'adapte, et ne fait pas ne serait-ce qu'un effort pour tenter de comprendre ce qui l'entoure. Y compris ceux de son espèce. Parce qu'en parlant chasse, trophée, traque, l'auteur nous oblige aussi à prendre en considération l'Autre, son positionnement, son point de vue, sa réalité. Une invitation à réfléchir donc, et un bon moment de lecture, de voyage, de suspense.


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