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Florida

Olivier Bourdeaut

"La théorie du pire ailleurs est la négation du bon sens et de l'ambition. Si je me compare tout le temps aux petits enfants du Nigéria, j'accepte ma condition toute ma vie et je ferme ma gueule toute la journée. Je regarde mes pieds et j'attends que la vie passe, qu'elle m'écrase."

Ce roman est ce qu’on peut appeler un coup de poing dans la figure. Chaudement recommandé par François Busnel à la Grande Librairie au moment de sa sortie, il a été remis dans ma P.A.L. après la lecture de « Petite sœur mon amour » de Joyce Carol Oates il y a quelques semaines.


Elizabeth fête ses 7 ans. C’est un grand jour, sa maman lui réserve une grande surprise : belle robe, maquillage, nouvelles chaussures, effort sur la coiffure… et les voilà parties toutes les deux au premier concours de Mini-miss de l’enfant. C’est la victoire. Mais cette première marche du podium est également la première étape de la descente aux enfers. La mère d’Elizabeth ne connaît aucune limite, elle va transformer, malaxer, bouleverser sa fille jusqu’à ce que cette dernière pète littéralement une coche.

Un suivi psychologique est indispensable. Et le thérapeute convainc les parents d’envoyer la Princesse en pension. Là, coup de foudre : Elizabeth tombe amoureuse du distributeur et de la malbouffe. Puis elle tombe amoureuse d’un garçon, un vrai, avant d’être de nouveau délaissée, salie.

En fugue à Miami, elle va découvrir le monde merveilleux de la musculation et de l’endorphine sécrétée par le corps pendant les séances de sport intense.


Florida est un roman sur la transformation du corps. D’abord pour être une reine de beauté, puis pour se trouver, ensuite pour plaire, enfin pour se venger. De ses 7 ans à ses 18 ans, Elizabeth « Florida » va faire subir à son enveloppe corporelle des métamorphoses intenses et violentes, pour oublier, s’oublier, prendre sa revanche sur la vie et sur ses parents.

C’est une quête d’identité en même temps qu’une descente aux enfers, c’est une dénonciation (encore) de la société du paraître, du culte du corps, des à priori et des ratés de l’éducation.

C’est un rappel sur le rôle des parents : non, nos enfants ne sont pas des poupées, des jouets que l’on peut manipuler à notre guise. Tout ce que nous leur faisons subir aura des conséquences, plus ou moins violentes sur leur avenir et c’est important de s’en souvenir.


Florida est à ranger auprès du Oates cité ci-avant et du dernier De Vigan, Les enfants sont rois » : comme autant de rappels sur la responsabilité qui pèse sur les épaules de chaque adulte ayant charge d’enfant.

Un beau roman, une belle leçon.


"Tu sais quoi, t'as qu'à l'écrire ta vie, les gens adorent ça, lire le malheur des autres, ça les fait bander de voir combien les autres ont dégusté."
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