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Garden of love

Marcus Malte

J’aime relever des défis. Cette première rencontre avec Marcus Malte m’a été conseillée et je m’y suis plongée à l’aveugle, ne sachant pas dans quelle direction, dans quel jardin, dans quelle intrigue j’allais me retrouver. Il faut que je continue à faire confiance, je me suis régalée !


« … le mal être finit par devenir une sorte de seconde nature. On y tient. On s’y vautre. Et l’auto-complaisance est une des meilleures nourritures que je connaisse pour l’alimenter. »

Alexandre a été flic, mari, père de deux petits garçons. Aujourd’hui il n’est plus rien. Sa femme et ses enfants sont morts, tout comme sa carrière.

Un jour, il reçoit un manuscrit. Le titre est mystérieux : Garden of love, l’histoire qu’il raconte est dérangeante. Il y est décrit la rencontre d’Ariel et de Matthieu, dans un lycée de la Côte d’Azur. Les deux jeunes garçons se jaugent, s’observent, se reconnaissent et deviennent inséparables, l’un étant le pendant de l’autre. Cette relation néfaste va continuer jusqu’à ce que Florence entre en scène, complétant ce duo, comblant un vide chez les deux étudiants et déclenche sans le vouloir, une succession d’actes horribles.

Dans ce récit, Alexandre retrouve des morceaux de sa propre vie, à commencer par ses défunts enfants, mais aussi les réminiscence d’une ancienne enquête, une investigation qui l’a mené aux portes de l’enfer et qui lui a fait perdre le peu qui lui restait, à savoir son intégrité.

Il découvre que l’auteur du manuscrit est mort, suicidé d’une balle dans la tête. Désormais sobre, le flic en fin de carrière décide d’aller au bout de l’enquête et de découvrir qui est qui, qui a fait quoi, et comment il aurait pu empêcher tous ces drames. Il tente, par cette résolution, de pardonner, de se pardonner, même si cela lui paraît impossible.


« … les mots fuient quand il s’agit d’explorer les sentiments. Les mots détournent et trahissent. Tout ce qui sortira de nos bouches, tout ce qui sera couché sur le papier ne sera jamais que viande morte. »

Le début de ce roman est perturbant, il nous entraîne de droite et de gauche, il nous perd, on ne sait pas qui parle, on ne sait pas quand et on ne sait pas à qui ni de quoi. Et puis, quand on s’accroche, notre pugnacité de lecteur est enfin récompensée. Tout fait sens et en même temps qu’Alexandre, nous comprenons. Nous nous rendons compte de la folie qui dégouline d’Ariel, de Mathieu, de Florence.

C’est le premier roman de Marcus Malte que je lis, et troublée que je suis, je sens qu’il faut que je réitère l’expérience, afin de confirmer le talent de l’écriture que j’ai décelé dans cette première rencontre.

J’ai eu du mal à me plonger dans ce jardin, je l’ai dit, mais force est de constater que j’ai également eu du mal à en sortir. Nous perdre, pour mieux nous retrouver, ce roman est un vrai labyrinthe, qui, à quelques égards, m’a rappelé celui de Franck Thilliez. En un peu plus tordu peut-être ?

Ma curiosité est attisée et c’est une bonne chose. Vous l’aurez compris, j’ai aimé me perdre, et j’ai aimé qu’on vienne me chercher, me guider comme Marie réussit à guider Alexandre.


« Il faut détruire le mal. Il faut l'éradiquer, comme on dit. Puis il faut se pardonner si l'on veut que l'histoire se poursuive. »

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