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Holly

Stephen King

« Encore une journée de passée, une journée qui rapproche un peu plus de la tombe. »

À l’été 2020, Holly Ginbley enterre sa mère qui vient de succomber au Covid après avoir refusé de plier face à la pandémie. Dans le même temps, Penny Dahl contacte la détective - privée de son partenaire en quarantaine et de ses amis occupés à devenir des écrivains : sa fille de 24 ans, Bonnie, a disparu depuis plus de trois semaines en rentrant de son travail à la bibliothèque de l’université. Rien ne laisser présager que la jeune femme était dépressive ou fugueuse.

De fil en aiguille, dans une société ralentie par les mesures sanitaires et gangrenée par les conflits entre pro et anti-vaccin (ce qui revient à dire pro et anti-Trump) Holly va déployer toute son énergie et son réseau pour savoir ce qui est arrivé à Bonnie. Elle n’est pas au bout de ses surprises !

En parallèle, nous suivons Emily et Rodney Harris. Mariés depuis plus de 50 ans, ces anciens professeurs d'université s’adonnent à de drôles d'activités et surtout, ils ont adopté un régime alimentaire des plus surprenants, les forçant à prendre beaucoup de risques pour se maintenir en bonne santé. Très amoureux l’un de l’autre, ils sont décidés à ne rien laisser les séparer et à vivre ensemble le plus longtemps possible, quel qu’en soit le prix. 


« Au moment où vous croyez avoir vu ce que l’être humain a de pire à offrir, vous découvrez que vous aviez tort. (…) Le mal ne connaît pas de limites. »

Voilà un Stephen King comme je les aime. Psychologiquement riche, axé davantage sur l’enquête et le suspense que sur l’horreur ou le fantastique. Bien sûr, les découvertes d’Holly sur les activités d’Emily et Rodney font froid dans le dos mais c’est bien l’investigation et le travail d’enquête qui prend le dessus, tout comme la reconstruction d’une femme de 50 ans (Holly donc) après la mort de sa mère.

A travers cet opus, King lève également le voile sur ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis pendant la pandémie du Covid. Il dénonce les comportements absurdes de certains de ses compatriotes qui ne croyaient pas en la pandémie et préférait se référer aux dires de leur président d’alors qui a su, on le sait, faire preuve d’une grande… comment dire… imbécilité face au virus qui a fait plus d’un million de morts aux USA (sur un peu plus de 6 millions dans le monde). 

Holly, qui a été confrontée de très près aux risques de la maladie - par la mort de sa mère et l’hospitalisation de son partenaire - se rend compte que ses inquiétudes ne sont pas partagées et elle oscille entre le besoin d’aller au bout de son enquête et son envie de se protéger. Ainsi, ce roman est - en quelque sorte - un parti-pris pour faire la lumière sur tout ce que la maladie a engendré de complications et de discordes au sein du pays. Je n’ai pas seulement frissonné, j’ai aussi beaucoup appris (et j’ai encore une fois été atterrée par la bêtise de certains…)

C’est un roman que j’ai littéralement dévoré (sans mauvais jeu de mot) et dont je ne veux pas dire plus ici car tout est important dans l’intrigue. Un bon cru cette année encore, Mr King !


« l’amour n’est pas toujours un soutien. Parfois, l’amour vous prive de tous les soutiens. »

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