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Jackie a dit

Camille Colva

« Les bons souvenirs s’estompent avec le temps, mais la souffrance reste. »

Aliénor et JB forment LE couple par excellence. Ensemble depuis quatre ans, elle étudiante et lui serveur, ils sont beaux, jeunes (21 ans), sûrs d’eux. Lorsque Ali revient d’un stage de 6 mois aux USA, JB se décide à la demander en mariage contre l’avis de tous, à commencer par son meilleur ami Sven. Ils sont bien trop jeunes et la jeune femme est très, trop ambitieuse. Et effectivement, les fiançailles ne tiennent pas bien longtemps avant qu’Ali ne décide de mettre un terme à leur histoire. 

Tout s’enchaîne alors. La meilleure amie d’Aliénor, Lorelei, à la réputation sulfureuse, va servir d’appât pour toucher la belle. Sven d’abord, puis JB. Leur objectif : avoir (ou récupérer) l’élue de leurs cœurs, qu’importe s’il y a des dommages collatéraux. Seule compte Ali. 

Baladée, utilisée, malmenée et même maltraitée, la pauvre Lorelei va vite se rendre compte de sa véritable place dans la vie de ceux qu’elle considérait comme ses amis et qui n’ont aucun scrupule à l’effacer, la manipuler et l’écarter de leurs vies, de leurs chemins, de leurs objectifs. 

Sous le regard acerbe de Jackie, animatrice d’un podcast grinçant et cruel sur les potins de l’école de communication des filles, on assiste à la descente aux enfers d’une jeune femme qui s’est battue pour être heureuse depuis des années et qui se rend compte que cela ne sert à rien, parce qu’elle n’est rien. 


« Si une clé ouvre de nombreuses serrures, c’est une clé maîtresse, alors que si une serrure peut être ouverte par de nombreuses clés, c’est juste une serrure défectueuse. »

J’ai lu (et beaucoup apprécié) deux romans de Camille Colva qui ont su me donner le goût à un style qui est très différent de ce que j’aime habituellement. Des récits légers et au demeurant forts en enseignements. Ceci dit, avec Jackie, je n’ai pas vraiment réussi. A vrai dire, les nombreuses références à Gossip Girl, cette série de livres que je lisais adolescente, donnent le ton. On est complètement dans ce genre de roman. Des amours et des traîtrises de jeunes adultes pas encore tout à fait terminés de cuire et qui pensent au demeurant tout savoir comme des grands. Le personnage de Lorelei est très attachant et les références musicales et littéraires m’ont parlée mais cela n’a pas suffit à me faire oublier l’influence de Cecily von Ziegesar. Et on ne va pas se mentir : ce qui me plaisait quand j’avais 20 ans n’est plus tellement ma came maintenant que mes propres enfants ont cet âge-là. Je ne me suis pas sentie immergée car j’ai trouvé un trop grand décalage entre la posture adoptée par les personnages de Camille et celle des jeunes d’aujourd'hui.

J’ai été au bout, parce je ne peux pas nier que c’est bien écrit, que l’incipit tient en haleine, qu’on a envie de savoir, d’avoir la réponse à la question posée dès les premières pages (et que je ne dévoilerai pas, inutile d’insister), et qu’après Holly de St. King, cette lecture plus légère était la bienvenue. 

Pour de vrai et malgré le lot de drames qu’elle relate. Car on est tout de même sur un niveau de gravité et de sérieux plus important que certains autres romans que j’ai lus ou vus passer (et que je ne citerai pas, par décence) et il y a matière à réfléchir sur l’influence des réseaux sociaux sur la vie de nos étudiants, surtout quand ces derniers refusent de se plier aux diktats de la société. A la manière d’Eliette Abécassis dans Instagrammable, Camille Colva utilise les codes des jeunes sur le modèle (librement adapté) des Liaisons Dangereuses pour mettre en lumière le poids des attendus, du collectif et des codes. Je vous avez bien dit que ça m’avait fait réfléchir !


« Quand on croise une personne très malheureuse, la joie devient quelque chose dont on a honte. »

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