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La Bibliothèque, encore

La lecture de "L.A. Bibliothèque" de Susan Orlean m'a interpelée sur le rôle essentiel qu'un tel lieu a dans une communauté, dans une ville.


Lorsque, en 1986, la Bibliothèque centrale de Los Angeles a pris feu, c'est tout une ville qui s'est émue. A partir d'une simple allumette, ou peut-être d'un petit court circuit, plus d'un million d'ouvrage ont été touchés, près de 500 000 détruits, 700 000 gravement endommagés par la suie, le feu ou l'eau.


Des milliers de bénévoles se sont portés volontaires pour aider les pompiers lors de leur intervention qui a duré 7 heures. Et puis ensuite, il s'est agit de donner un coup de mains aux bibliothécaires et documentalistes pour nettoyer ce qui pouvait l'être.

Les livres détrempés ont été stockés dans tous les congélateurs disponibles avant d'être traités et déshumidifiés quelques années plus tard par des sociétés philanthropiques.


En 1993, soit 7 ans après l'incendie, la Centrale a enfin pu rouvrir ses portes au public.


Aujourd'hui, la Bibliothèque de Los Angeles est une référence, tant par son architecture que par son action culturelle et sociale. Elle accueille artistes, érudits, étudiants, familles, mais aussi ceux que Susan Orlean appelle les indigents. Les sans-abris, les sans solutions. Ils viennent s'y abriter les jours de pluie et y trouver de l'aide dans leurs démarches pour s'en sortir, tandis que les enfants écoutent l'heure du conte dans une autre salle ou que des ados échangent sur des sujets d'actualités dans un département voisin.


A travers ces 350 pages, la journaliste revient non seulement sur la bibliothèque californienne, depuis sa construction jusqu'à la publication de son livre en 2018, mais aussi et surtout sur le rôle essentiel de ce qui n'est, définitivement pas, qu'un dépôt de livres.

Partout dans le monde, les bibliothèques existent et constituent un écrou essentiel dans la dynamique de la société, en cela qu'elle rassemble au même endroit tous les témoignages du passé et les projections du futur.


« La bibliothèque est un mémorial. Elle vous offre un aperçu de l’immortalité, on peut y vivre éternellement ».

Une bibliothèque fait partie intégrante d'une ville ou d'un quartier et est souvent, le seul lien que la population a avec le livre.

Susan Orlean revient sur l'importance de ce dernier, sur la nécessité pour tous de pouvoir les manipuler, les utiliser, les aimer.

Elle raconte comment, en 1905 d'abord, avec la bibliomobile, puis en 1936 avec les "Horse Pack Librarians" la voie a été ouverte aux Bibliobus : des femmes (le plus souvent) à cheval parcourant les régions les plus isolées pour prêter des ouvrages et aller les récupérer le mois d'après.




Il y a 320 000 bibliothèques publiques dans le monde au service de centaines de millions de personnes. Et toujours, toujours, ce souci de s'adapter aux besoins et aux usages des lecteurs, pour toujours élargir le champ d'actions et le public, jusqu'aux contrées les plus profondes de la Zambie, du Zimbabwe, du Pérou ou de la campagne européenne.


Ce récit est aussi une ode au livre, non seulement en tant qu'objet mais aussi et surtout en tant qu'élément indiscutable de la construction d'une société. Le livre est sacré, car il permet d'avoir un aperçu du passé et de se projeter dans l'avenir. Dans la tradition juive, il a même droit à des funérailles lorsqu'il n'est plus en état de servir.


"Les livres sont une sorte d’ADN culturel, c’est le code qui nous définit en tant que société. Tous les prodiges et échecs, tous les héros et vauriens, toutes les légendes, idées et révélations d’une culture perdurent dans ses ouvrages".

Cette lecture, bien qu'inattendue, m'aura confortée dans mon opinion, dans mes convictions. Qu'ils soient numériques ou imprimés, vieux, récents, pas encore écrits mêmes ou complètement oubliés, les livres sont les plus précieux trésors qui soient, et les bibliothèques de merveilleux écrins, sorte de cavernes d'Ali Baba où tout ce qui nous touche peut être trouvé. Les gardiens du butin sont nos encyclopédies, qui apportent la chaleur des échanges que nous ne trouverons jamais sur Wikipédia ou Google...


La bibliothèque contient la réponse à toutes les questions que nous ne nous sommes pas encore posées.


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