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La cabane des pendus

Gordon Ferris

Il en va de certaines lectures comme de certaines randonnées : des moments où on est pris par le goût de l’effort et la beauté de ce qui nous entoure. D’autres passages plus difficiles, ou on ne se repère plus très bien, on ne différencie plus un détail d’un autre, on s’essouffle, on s’ennuie. C’est exactement ce que j’ai ressenti avec ce polar.


« Chacun prend un sentier différent et change de chemin. La distance donne de l’objectivité mais elle déforme la perception. Et puis c’est fini. Impossible de retourner en arrière. »

Londres, début des années 50. Brodie est journaliste, dépressif, il tente de se remettre de ses faits d’armes lors de la Seconde Guerre Mondiale et de quelques années au service de la police. A la suite d’un coup de fil surgi du passé, il décide de rentrer chez lui, en Ecosse. Son meilleur ami d’enfance a été jugé coupable du viol et du meurtre d’un petit garçon. Il a été condamné à mort. Il a besoin d’aide pour prouver son innocence. Brodie hésite, rentre au pays, et se lance dans l’enquête. Une avocate pugnace, un prêtre dédié, une ancienne amoureuse, des bandits mafieux, des cadavres, une petite touche d’IRA. Entre Écosse et Irlande, il n’y a pas loin, pas assez du moins pour empêcher les méchants de faire leur trafic et leur vilaine besogne.


« Ils n’avaient rien à voir avec la justice, un terme auquel seuls croyaient les profanes, comme les enfants à la petite souris. »

Autant le pitch de départ et l’enquête sont prenantes, avec des retours en arrière, pendant la guerre, qui permettent de mieux cerner le héros et son combat intérieur, autant il y a des descriptions qui m’ont laissée engourdie, pétrie d’ennui, perdue même dans les termes et la multiplicité des lieux. Glasgow doit être une ville magnifique mais les « zapping » d’un quartier a un autre ne m’ont pas donné le loisir de m’y repérer, de m’y projeter.

C’est un roman qui a du potentiel, mais que j’ai trouvé poussif. Un peu comme si Ferris avait lu du Indridason et s’était dit « tiens, je vais faire pareil », mais sans avoir le même talent qui est l’outil de prédilection de l’Islandais.

Je me dis, pour me rassurer, que j’aurais de toute façon tout trouvé fade après Connemara qui m’a bouleversée en début de semaine, mais quand même, cette lassitude dans la lecture, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas ressentie.

Il va falloir que je trouve mieux pour la suite…


« Nous frissonnons au récit des offrandes (…) aztèques mais au cœur de toutes les sectes chrétiennes de trouble l’idée même que dieu a exigé de son fils qu’il se sacrifie (…) pour le plus grand plaisir de la foule »

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