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La leçon du Mal

Yusuke Kishi

Une belle couverture, un auteur inconnu, un éditeur reconnu et une envie de polar. Il ne m’en a pas fallu plus pour me lancer dans ce roman de la rentrée littéraire, dont l’action se déroule dans le lointain Japon.


« … de mon point de vue, il n’y a pas d’élèves "à problèmes". Certains ont juste besoin d’un peu plus d’attention que les autres, voilà tout.. »

Hasumi est professeur d’anglais dans un lycée privé. Tout le monde l’aime, des élèves à ses collègues. Il est serviable, gentil, souriant, avenant. Il s’inquiète réellement du bien-être de tout à chacun. Il a à cœur de servir et d’apprendre à ceux qui l’entourent. Voilà le prof idéal. Et complètement fictif que ce psychopathe s’est créé pour mieux manipuler son petit monde.

Car en vérité, Hasumi est un être dénué de la moindre empathie qui ne recule devant rien pour obtenir ce qu’il veut. De la manipulation au meurtre. Il évolue dans l’univers clos du lycée en trompant tout son monde. Du moins c’est ce qu’il croit. Puisque quelques personnes commencent à se méfier de cet homme, parfait sous tout rapport.

Hasumi, se sachant menacé, décide alors de tenter le tout pour le tout. Et de procéder à la plus grande leçon de mal que ses élèves recevront. Quelles qu'en soient les conséquences.


« Le lycée Shinkô Machida représentait pour Hasumi un vaste plateau de jeu d'échecs où chaque prof, chaque élève s'apparentait à une pièce. »

Premier roman japonais dans lequel je me lance, je ne suis pas certaine que j’y retournerai de sitôt. Du moins, pas avec cet auteur.

Si l’idée de départ est bonne, à savoir un tueur psychopathe dans la peau d’un prof parfait, l’intrigue manque un poil de… comment dire… sérieux. Voilà. Il faut dire aussi qu’il est présenté, en quatrième de couverture, comme un American Psycho nippon. Mais comparer ce thriller au chef d'œuvre d’horreur de Bret Easton Ellis est présomptueux. Et trompeur. Parce qu’on est loin, très loin, de la violence et de la perfidie de Patrick Bates (dois-je préciser ici que American Psycho a été un des plus gros chocs littéraires de mon adolescence ?)

Hasumi a définitivement un grain, un petit quelque chose qui nous fait l’apprécier malgré nous. On s’attache à plusieurs personnages, certains élèves sortent du lot, mais justement, il y a beaucoup trop de personnages et on finit par s'y perdre (d’autant plus que les noms n’étant pas de ceux dont on a l’habitude, on s’emmêle assez vite les pinceaux si on n’est pas attentif).

On apprend cependant beaucoup de choses sur le système éducatif japonais et sur les coutumes d’un peuple, en apparence du moins, calme et pacifiste. Je me suis régulièrement dit qu’il y avait là de quoi faire un bon manga pour les jeunes qui ne sont plus à quelques meurtres près. Enlevez les quelques scènes de sexe qui n’apportent rien à l’intrigue, ajoutez un bon illustrateur, et vous avez là de quoi faire un carton auprès des adolescents. Mais sous cette forme, non, moi je n’accroche pas.


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