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La maison biscornue

Agatha Christie

Je continue mon challenge #menagetapal en me plongeant dans les romans oubliés de ma billyotheque… et c’est un Agatha Christie qui m’a ouvert ses pages ces derniers jours…

« Les meurtriers tuent plus souvent les gens qu'ils aiment que ceux qu'ils détestent, et cela parce que ce sont surtout ceux que nous aimons qui peuvent nous rendre la vie insupportable. »

Charles aime Sophia et Sophia aime Charles. Mais pas de mariage pour l’heure : le grand-père de la jeune femme vient de mourir et tout porte à croire qu’il s’agit d’un acte délibéré, que le vieil homme a été tué, empoisonné malgré son grand âge.

Dans « la maison biscornue » où vit la famille, tout le monde avait intérêt à ce décès même si chacun s’en défend, forcément. De la très jeune veuve aux deux fils, leurs femmes respectives, les trois petits-enfants et même le précepteur de ces derniers.

Charles, dont le père est le chef du Yard, se trouve plongé dans l’enquête qu’il va mener avec l’inspecteur Taverner, mais en étant plus impliqué du fait de son attachement pour Sophia. Ne pas être policier lui permet en outre de lier des contacts moins formels et donc plus propices aux confidences avec les protagonistes.

Cependant, il est très vite dépassé par les personnalités et éberlué par leurs secrets, leurs tempéraments et leurs différends. Comme lui avait dit Sophia, tous sont impitoyables, mais chacun a sa manière, ce qui ne laisse pas de surprendre le jeune héros et le lecteur avec lui…


« Les enfants dont on s’occupe trop sont généralement bien plus à plaindre que ceux qu’on laisse tranquilles. »

Comme à son habitude, Agatha Christie a mis dans ce roman du mystère, des surprises et des rebondissements. Mais pas de violence. Enfin, quand on est habitué comme moi aux polars noirs, cette enquête est à la fois fraîche et prenante. Tout le génie de l’auteure est là : nul besoin de profusion de sang et de coups, d’horreurs ou de psychopathes, tout tient dans le huis clos maîtrisé, les personnages charismatiques, à la limite floue entre l’amour et les soupçons qui planent dans toute cette maison.

On se rend vite compte que ce n’est pas la demeure qui est biscornue, mais ses habitants! Pas un qui soit blanc comme neige, qui soit l’innocence même. Tous ont quelque chose à se reprocher et Charles, malgré son envie de ne juger personne, se fait avoir par ses sentiments et ses à priori.

La première moitié m’a perturbée, je dois l’avouer, car je retrouvais dans ces pages beaucoup de similitudes avec le film A couteaux tirés. Mais il y a ce moment où la concordance s’arrête et où on est pleinement dans l’intrigue de “Three Gables”, la fameuse maison de la famille Leonides. On retrouve le don d’Agatha Christie pour les enquêtes en petit comité, sa façon si efficace de présenter ses personnages et de brouiller les pistes. Je mets quiconque au défi de deviner, avant la fin, l’issue de l’enquête et ses raisons !

C’est avec le même brio que dans Les 10 petits nègres ou Le crime de l’Orient Express qu’elle nous ballade et nous fait nous creuser les méninges, avec le même plaisir coupable que dans une bonne partie de Cluedo


« On n'aime pas moins les gens parce qu'ils sont devenus tuberculeux ou que la maladie les a frappés. »

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