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Là où chantent les écrevisses

Delia Owens

« Si quelqu'un devait jamais comprendre sa solitude, c'était bien la lune. »

Des semaines et des semaines que l’on entend parler de ce roman. La sortie de l’adaptation au cinéma cet été a relancé l’engouement. Passant entre mes mains à la bibliothèque, il y a fait une halte de quelques jours, que je puisse me faire ma propre idée.


« Toute personne qui vit sur une plaine dépend en fait des caprices d'une rivière.»

Deux histoires se trament en parallèle. L’une se passe en 1969, dans une petite ville des marais de Caroline du Nord. Le joli cœur de la bourgade, Chase, est retrouvé mort au pied du guet. Aucune trace autour de lui. Aucun indice sur les circonstances du décès. Le shérif et son adjoint mènent l’enquête pour découvrir la vérité sur les circonstances de ce drame.

La seconde intrigue débute en 1962, dans la mangrove environnante. Kya a 6 ans. Un matin, sa mère quitte le domicile familial sans un regard derrière elle. Peu de temps après, c’est au tour de Jodie, le frère aîné de la fillette, de l’abandonner, la laissant seule avec le père, alcoolique, violent, impatient. L’enfant et l’homme tentent de vivre conjointement sans trop empiéter sur le territoire l’un de l’autre jusqu’à ce que, finalement, la gamine soit laissée à elle-même. Dans son marais, avec les animaux qui l’entourent et sa force de caractère, elle va se débrouiller pour survivre le plus discrètement possible. C’est sans compter sur Tate, de quelques années plus vieux, qui se décide à lui apprendre à lire et à aimer, avant de l’abandonner à son tour. Et de rencontres en abandons, ne pouvant vraiment compter que sur elle-même, la fille des marais va évoluer, grandir, s’éduquer, seule. Toujours seule. Ou presque.

Les deux récits vont s’entremêler, forcément, et nous forcer à quitter le marais de Kya. A l’accompagner hors de sa zone de confort. A se confronter aux autres, à un ailleurs.

« Regardons les choses en face, le plus souvent l'amour ne marche pas. Et pourtant, même quand tout rate, il vous relie aux autres et, au bout du compte, c'est tout ce qui reste, ces liens. »

Il a fait du bruit ce roman, c’est sûr. Il a été lu, réservé, vanté. Les retours dithyrambiques en faisaient, sinon le roman de l’année, au moins celui à lire ABSOLUMENT. Et c’est bien tout le problème. Semez une attente, vous récolterez une déception.

J’ai été envoutée par les marais, le paysage, les descriptions de la faune et de la flore insoupçonnées de la Caroline du Nord. Les descriptions me renvoyaient dans la mangrove sénégalaise, me laissant une sensation de chaleur et de moiteur. Une envie d’ailleurs, de voyage, puissante. Mais les personnages ne m’ont pas charmée. Ils ne m’ont pas émue. Je me suis posée la question de ma sensibilité, de mon imperméabilité, mais l’émotion et l’attachement vivace pour Betty m’ont rassurée sur ma capacité à aimer les personnages cassés et malmenés. Non, il y avait définitivement quelque chose dans l’approche des protagonistes qui ne m’a pas emballée. Peut-être une partie de l’histoire était-elle trop cousue de fil blanc, peut-être m’attendais-je à un plus grand maelström d’émotions, je ne sais pas.

Je décide de retenir de ce lieux où chantent les écrevisses la beauté du paysage, la sagesse des animaux, l’adaptabilité des végétaux. Le refuge que ces derniers offrent à ceux qui veulent échapper au monde en général, aux gens en particulier. Un voyage dans les marais qui offre une parenthèse lacustre dans un quotidien trop citadin.

« Un marécage n'ignore rien de la mort, et ne la considère pas nécessairement comme une tragédie, en tout cas, pas comme un péché. »

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