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La vie en chantier

Pete Fromm

« [Les photos] ne servent qu'une fois que tu es mort. Pour que tout le monde se rappelle à quel point t'étais cool. »

Taz et Marny. Marny et Taz. Un jeune couple, une maison à rénover, un crédit et des factures sur le dos, un bébé en cours. Et de l’amour à n’en plus finir. Il est charpentier, par choix elle ne travaille pas mais l’aide sur les chantiers de menuiserie et s’occupe du quotidien. Leurs ambitions pour l’avenir leur donnent des ailes, de l’énergie. Leur amour les motive et les encourage : pièce après pièce, cette maison en ruine sera leur maison, leur foyer. Mais lors de l’accouchement, Marny perd la bataille contre les complications d’une embolie pulmonaire et laisse Taz tout seul avec un nouveau-né, toujours sa maison à rénover, toujours son crédit et ses factures, du travail par-dessus la tête et son deuil.

Jour après jour, il apprend : à être un papa, à être veuf. Il fait de son mieux, s’isolant dans son chagrin mais incapable de se couper entièrement du monde. La mère de sa défunte épouse fait du forcing, tout comme Rudy, le meilleur ami, patient, courageux, plein d’initiatives. La meilleure qu’il prend, c’est de trouver une baby-sitter en la personne d’Elmo. La jeune femme va peu à peu prendre sa place dans la famille bancale, se rendre indispensable et bien sûr, aimable. Au sens littéral du terme. Elle est Mo pour l’enfant, El pour le père. Elle est le pied manquant du tabouret, assurant un équilibre d’abord précaire puis indispensable pour l’un comme pour l’autre.


« L’avenir, c’est là où tu vas et tu n’y peux rien. »

C’est le premier roman de Pete Fromm que je lis, et ce n’est pourtant pas faute d’en avoir entendu parler. Il est partout. Mais il aura fallu que l’on m’offre celui-ci pour que je tente l’aventure avec lui dans le Montana et que je succombe. Le charme de l’écriture, la puissance du chagrin, la force des personnages… l’histoire est tragique et belle à la fois et cela fait du bien d’admirer un papa.

Cet homme est brisé mais pour son bébé, pour sa fille, pour sa défunte épouse, il garde la tête haute, enchaîne les tâches comme un automate peut-être, mais n’oublie pas : les promesses qu’ils se sont faites avec Marny, les engagements qu’il doit honorer pour son enfant, les convictions qui l’ont éloigné de ses parents expatriés en Nouvelle-Zélande et la reconnaissance envers les bontés de ses proches, Rudy, Elmo et Lauren (la grand-mère).

J’avais prévu de prendre le temps, d’aller plus doucement mais il s’est avéré impossible de lâcher le roman. Je l’ai littéralement dévoré, comme on a envie de dévorer de baisers les pieds d’un bébé. Du paysage aux personnages, du ton au découpage, il n’y a rien à jeter, tout à aimer…


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