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Le ciel Ouvert

Nicolas Mathieu

« écrire n’aura été pour moi que la tentative de tenir bon, de ralentir un peu l’imminence de la dernière vague. »

Nicolas Mathieu, c’est d’abord une rencontre, quand il a reçu son prix Goncourt en 2018 pour Leurs enfants après eux. Un choc face à cette écriture qui met en lumière les gens normaux, la vraie vie, le quotidien de jeunes ados dans une région frappée par le chômage et le désœuvrement. 

Et puis, un article dans l’Obs, parlant des posts de Nicolas sur Instagram, de son activité littéraire sur le réseau social, comme une continuité de son œuvre, de son travail, de sa connexion avec le peuple… Suit naturellement, la lecture de Aux animaux la guerre, une vraie claque. Enfin 2022 et le prodigieux Connemara qui fait presque regretter que l’écrivain ait déjà eu le Goncourt tant ce dernier roman est fabuleux ! Et toujours ces photos et ces beaux textes sur Insta, ces bouffées d’oxygène et de réflexions. Cette impression qu’il s’adresse à tous et à chacun. 


« On refait avec ses pieds le film qu’on s’est inventé avec des livres, on arrive ailleurs pour oublier qu’on vient de quelque part.»

C’est donc qu’il fallait en faire quelque chose de cette poésie en prose que le jeune auteur nous offrait à coup de publications. Un recueil, magnifiquement illustré par Aline Zalko. Des textes choisis pour exprimer l’amour, sous toutes ses formes. 

L’adultère d’abord, via les messages écrits pour cette femme qui n’est pas la sienne mais celle d’un autre, qui n’est pas la mère de son fils mais celle d’autres enfants. Cette amante qu’il a aimé passionnément en nous incluant nous, followers dans sa séduction et son idolâtrie. Cette passion prend beaucoup de place dans Le Ciel Ouvert et donne à découvrir les plus belles déclarations qu’une femme voudrait entendre. C’est beau, c’est fort, c’est simple aussi, parce que ce n’est pas un amour de prince et de princesse, mais de personnes normales, dans un monde normal, partageant le secret d’une infidélité normale. Ça n’en est pas moins beau, bien au contraire. Ça jette des petites graines d’où germera Connemara. On le sent, on le reconnaît. On a envie de le relire…

Puis vient le reste. Parce que l’amour finit ou parce qu’on n’est pas qu’un amant : on est aussi un père, un fils. On pleure de joie ou de chagrin, on s’épuise chaque jour de la routine, des petits et des grands bonheurs, des petites et des grandes peines.  

On s’émerveille de voir notre enfant, ce petit bout de soi grandir, s’épanouir, être heureux malgré la séparation des parents. On s’inquiète aussi de voir le père s’affaisser, ne plus être le pilier sur lequel s’appuyer, c’est lui désormais qui a besoin de nous. On se met en colère contre l’institution en général et l’hôpital en particulier qui ne donne pas à celui qui nous a porté dans ses bras la priorité qu’on voudrait qu’il ait. 


« Au fond, la vie est presque toujours au-dessus de nos forces.»

En somme, ces 120 pages sont trop courtes pour toutes les émotions qui transpirent de chaque mot, de chaque texte. J’aurais bien continué un peu plus longtemps avec Nicolas. Et puis, finalement, je me dis que ce n’est pas grave, le livre est là, près de moi, je pourrai le relire à l’envi. Je pourrai même le compléter avec d’autres poèmes, d’autres odes. Ce n’est que la partie d’un tout, qui ne demande qu’à être découvert et suivi, soigné, aimé…


« Une voix a toujours un devenir collectif et en cela, la littérature est fatalement politique.» 

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