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Le Diable est un mec bien

Thomas Piet

Rares sont les déceptions aussi grandes que celle que j’ai ressentie en lisant ce roman au titre qui me paraissait pourtant prometteur. J’imaginais bien effectivement, une remise en cause des représentations et une façon différente d’envisager les notions de bien et de mal mais pas une leçon de développement personnel.

Ce que je n’imaginais pas non plus, c’était le ton et les leçons de “voilà comment penser pour aller bien”...


Ezéchiel a perdu son enfant au moment de la naissance. Depuis, le journaliste est en colère et cherche par tous les moyens à rencontrer le Diable, Satan lui-même, pour régler ses comptes, et tant qu’à faire, se prêter au jeu de l’interview avec celui qui lui a pris son bébé. Lorsque l’un de ses collègues, décédé peu de temps auparavant, revient lui parler par l’intermédiaire de la voyante Violette, Ezéchiel tente le tout pour le tout et obtient du Diable qu’il lui accorde un entretien.

De là, première rencontre, première remise en question, premiers émois. Premières questions aussi : “on m’aurait menti ?”, en fait le diable est un mec bien. Il voit les choses avec philosophie et sagesse, encourage tout à chacun à croire en sa propre valeur, remet en question les notions fondamentales de bien et de mal, de responsabilité personnelle, de libre-arbitre et de destinée.

J’arrête là le compte-rendu sur l’intrigue, parce que c’est à ce moment-là aussi que j’ai commencé à décrocher, à ne plus adhérer. Il y avait du potentiel dans ce sujet mais non. Il y a un petit côté “ta vie deuxième vie commence...” qui me défrise, vous l’avez peut-être compris depuis quelques posts.

La narration est pleine de bons sentiments, de conseils pour s’interroger, faire le point avec soi-même, son système de croyances et de valeurs. Et de religion. Je n’ai pas vraiment compris s’il s’agit de remettre en cause les Religions ou d’aller dans leur sens. Doit-on ou non croire en une puissance supérieure ? Mais dans la mesure où c’est nous qui sommes des êtres supérieurs, maîtres de nos destins (qui semblent pourtant écrits à l’avance, à en croire certains passages du roman), il s’agit surtout donc de croire en nous-même, même quand on fait des trucs pas bien. Se pardonner, s’aimer, s’épouser même... Tout cela est bien joli sur le papier mais quelque peu utopique. Et ce retournement ! Bien que cousu de fil blanc, il est tout de même décevant.

Je n’ai pas aimé donc. J’ai eu la sensation qu’on me faisait la leçon. Je peux comprendre que ce genre de récits plaise, mais pas à moi. Définitivement. Trop abstrait, trop facile. La vie, la vraie, est bien plus complexe que ça. Mais malgré tout, je souligne que j’ai beaucoup apprécié la remise en cause des grands principes de la chrétienté, de ce que Dieu n’a pas créé l’homme à son image, mais que c’est l’homme qui a créé Dieu à la sienne, pour se soustraire à ses responsabilités, en quelque sorte...



Gros potentiel donc, dommage...

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