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Mon Mari

Maud Ventura

« Chaque nouvelle personne qui entre dans notre vie est une dilution supplémentaire de son attention, une dilution de lui, un partage qui m’épouvante »

Un nouvel épisode de la rentrée littéraire, un nouveau premier roman. Grinçant, inattendu, drôle, émouvant, surprenant, énervant aussi des fois, tellement je me suis reconnue dans cette femme follement amoureuse de son mari.


Le mari en question n’a pas de prénom. Enfin si, il en a un, mais on ne le connaît pas. Il est “mon mari”. Depuis 15 ans, la narratrice (qui n’a pas non plus de prénom) est amoureuse. Depuis 13 ans, elle est une épouse, depuis 9 ans, elle est une mère. Mais elle est avant tout la femme de son mari. Tout ne tourne qu’autour de ça. Elle ne vit qu’à travers son amour pour lui, tout lui paraît fade, tout lui paraît dénué d’intérêt en dehors de lui, son mari.

« Alors je fais de mon mieux, mais la plupart du temps, je suis trop occupée à être amoureuse pour être une bonne mère .»

Elle tient des carnets, dans lesquels elle note comment le maintenir amoureux, comment le faire payer les actes qui la font souffrir : une réflexion, un soir sans “bonne nuit”, une main qu’il ne saisit pas. Du lundi au dimanche, on suit le raisonnement de cette femme qui n’existe qu’à travers son époux, que pour son époux. Chaque jour de la semaine a sa couleur, chaque couleur son humeur et ses conséquences sur elle, son comportement, sa manière de voir les choses et de les ressentir. Elle est tellement dans la recherche de la perfection qu’elle s’oublie. Enfin, pas tout à fait...


Ce premier roman de Maud Ventura est une réussite. On a l’impression de plonger dans une sorte de folie obsessionnelle de cette femme de 40 ans pour qui rien d’autre que son mariage ne compte. Elle s’invente des drames, qu’elle anticipe pour mieux se protéger, mais ce qui la caractérise le plus, c’est ce besoin d’amour. Pas n’importe quel amour : l’amour parfait de son mari parfait qui correspondrait à ses attentes parfaites.


Une femme amoureuse, comme moi. Cette lecture a parfois été un peu dérangeante, car je me suis reconnue à bien des égards dans cette passion exclusive, mais elle a aussi été une opportunité de prendre le recul nécessaire, une sorte de miroir grossissant, au bruit et à la lumière d’un warning d’abord, au confort et à la douceur d’une couette bien chaude ensuite.


Lecture fraîche, saisissante, passionnante. Lecture amoureuse, presque comme moi…

« Si l’on pouvait identifier nos dernières fois avec autant d’évidence que nos premières, il est certain que des milliers de moments seraient vécus plus intensément. »


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