top of page

Premier Sang

Amélie Nothomb

C'est la troisième année consécutive que je me fais avoir !

Après Soif et Aérostats, je me suis encore laissée tenter par le dernier roman d'Amélie Nothomb. Il est clair que pour moi, Amélie Nothomb parle mieux qu'elle n'écrit. Elle avait dressé un portrait bouleversant de son père lors de la « Grande Librairie » début septembre. Et une nouvelle fois, je me suis laissée charmer par son discours, comme Mowgli est séduit par le serpent Kaa. Or de ce père, héros de 1964 au Congo, elle présente principalement dans ses pages l’enfance, ponctuée de références littéraires, géographiques et historiques qui nous rappellent à nous, lecteurs, à quel point nous n’avons pas les mêmes valeurs.


Le petit Patrick est né deux ans avant la mort de son père, et sa mère, dévastée par le veuvage, le laisse aux soins des grands-parents maternels. Il est choyé, chouchouté, soigné comme une poupée. Mais Bon-papa estime qu’il doit s’endurcir. Alors l’été de ses six ans, Patrick est envoyé dans la famille paternelle, chez les Nothomb, dans un château des Ardennes. Là il va se confronter à une vie familiale sauvage. Il va devoir s’adapter, se fortifier et s’ouvrir à une vie plus rude. Et il va aimer ça.

L’auteure va très vite de l’enfance au début de l’âge adulte de Patrick, et sa rencontre avec celle qui deviendra la mère d’Amélie. On arrive très rapidement aussi (beaucoup trop vite) au consulat au Congo et à la prise d’otages de 1964 pendant laquelle Patrick a été le porte-parole des otages européens, celui qui a permis d’en sauver au maximum pendant les 4 mois de détention.

Et c’est cette période-là qui m’intéressait le plus, celle qui aurait dû être au cœur du récit. Mais non, sur les 170 pages rédigées en caractères 16, une petite trentaine seulement est consacrée à ce trimestre de captivité.

« La poésie, comme le mauvais temps, les jours fériés ou les soldats de plomb, existait. Elle était une réalité avec laquelle il fallait composer »

Encore une fois Amélie Nothomb effleure les sujets, mais ne va pas au bout des choses. Elle fait un repas d'amuse-gueules, qui ne font qu'ouvrir l'appétit sans le contenter complètement. Elle survole, s'approprie, se met au centre, et au final peut-être ne pense-t'elle qu'à elle et non pas à ses lecteurs.

Comme avec le dernier roman de Deon Meyer, La femme au manteau bleu, on est en droit de se demander si le plus important est la créativité ou la rentabilité.

On ne m’y reprendra plus. Je ne l’écouterai plus. Je pense que je ne la lirai plus.

La seule consolation que je tire de cette rapide lecture, c'est que je n'ai pas acheté le livre, je l'ai emprunté à la Bibliothèque...

Posts similaires

Voir tout
bottom of page