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Stella Maris

Cormac McCarthy



Le 13 juin 2023 décédait Cormac McCarthy, géant de la littérature américaine. Auteur de plusieurs best-sellers, dont La route, pour lequel il a obtenu le Pulitzer de la fiction en 2007. Et pourtant, je ne l’avais encore jamais lu. J’ai donc fait sa connaissance, par la fin, son tout dernier roman. 


« Le monde n’a rien créé de vivant qu’il n’ait l’intention de détruire. »

C’est dans le cabinet d’un psychologue, dans une institution psychiatrique, Stella Maris, que nous faisons la connaissance d’Alice. Âgée de 20 ans tout juste, elle est ici à sa demande, pour la troisième fois. Au cours des séances avec son thérapeute, elle va se livrer peu à peu : précoce, surdouée de mathématiques (à la limite de l’autisme), elle n’en n’est pas moins victime de son temps, de son époque, de son contexte familial. Ses parents, tous les deux impliqués dans le projet Manhattan, son frère physicien pour lequel elle nourrit des sentiments amoureux, sa grand-mère qu’elle effraie et qu’elle déçoit… Et ses chimères, les personnages qui lui apparaissent et l’accompagnent. Est-elle folle ? Pas si sûr. Son rapport ambivalent aux mathématiques, au concept de réalité et au monde qui l’entoure en font une jeune femme fragile et néanmoins très forte. 

Son intelligence ne la protège pas des sentiments et du chagrin de la perte des êtres chers, même si elle voudrait par-dessus tout se blinder et être indifférente aux malheurs du monde. 

De séance en séance, elle se livre et se libère, se dévoile. 


« Un désir inassouvi laisse dans son sillage le rêve de sa réalisation. »

Je ne pense pas que commencer par ce roman de McCarthy ait été la meilleure de mes idées. 

La construction d’abord : un dialogue entre deux personnes, on ne sait pas toujours qui dit quoi et quand. Les sujets abordés ensuite. Les mathématiques, c’est sûrement passionnant pour certains, mais pas pour moi. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans les considérations scientifiques et philosophiques liées à cette discipline et j’ai d’abord  trouvé Alice bien trop perchée pour m’y attacher. 

Et puis il y a eu la famille en général et le frère en particulier. Et là, j’ai senti la fragilité de cette toute jeune femme, de tout juste 20 ans. Une enfant. Une enfant surdouée, d’une intelligence telle qu’à part Bobby, elle n’a personne. Et elle a perdu Bobby, ce grand frère adoré, aimé, désiré. 

Alice, dès qu’elle sort de ses réflexions mathématiques, est un être fragile qui ne demande qu’à être aimée, et le seul qui en était réellement capable n'est plus là. Alors découragement, abandon, désir de suicide… Avant de retrouver Stella Maris et les psy, en qui elle n’a pas forcément confiance, mais qui sont là. 

Ce n’est pas la lecture de l’année, loin s’en faut. Mais je suis sûre que la découverte prochaine du Passager, dont Stella Maris est le prequel, va me donner un éclairage encore plus brillant sur les personnages et sur l’écriture de McCarthy. 

J’ai lutté, certes, mais ce n’est pas une bataille, je ne m’avoue pas vaincue, au contraire : j’ai une folle envie d’aller plus loin dans la découverte de cet auteur, dans cet univers et cette écriture si particulière…  


« Il est fort possible que l’amour soit lui-même une maladie mentale. »

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