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Tout ce qui manque

Florent Loiseau

« … faire pousser des instants heureux et des courges qu'on regarderait éclore tous les deux, dans nos bottes trop grandes, dans nos vies trop petites,… »

Ana quitte Laurentis après 15 ans de vie commune. L’universitaire quitte l’écrivain acerbe, l’ennui, la routine… et l’auteur de ne plus avoir de repères ni d’envie si ce n’est celle de retrouver sa moitié, son amour, sa partenaire.

Il part en Dordogne avec une idée en tête : écrire pour reconquérir. C’est par ce biais qu’il compte séduire sa première relectrice. C'est par l'écrit qu'il veut lui faire passer le message de son amour et de son chagrin d'avoir gâché cette histoire, la leur. Dans le petit village de feu ses parents, Laurentis va trouver l'inspiration, mais aussi devenir ami avec un chien, recueillir les confessions d'un policier en déroute, rencontrer une parisienne en exil depuis trois ans, et renouer avec celui qu'il était et qu'il avait oublié, dans la vivacité de Paris.

Se remémorant des anecdotes et des détails de ses vies précédentes, il va peu à peu se redresser, se rappeler de ce pour quoi il a choisi ce métier d'écrivain, ce à côté de quoi il est passé pendant tant d'années, les raisons pour lesquelles Ana l'a quitté.


« J’appelle ça la drague en chaussons (…). De la séduction qui ne dit pas son nom, avance masquée, tait ses intentions, joue sur l’ambiguïté… »

Si vous vous attendez à un banal roman d'amour, passez votre chemin, ce n'est pas dans les pages de Florent Loiseau que vous le trouverez. Certes, il souhaite reconquérir Ana et il est malheureux d'avoir été quitté, mais ça c'est la trame de fond. Ce qui touche dans ces pages, dans cette histoire, ce sont les petits détails, les anecdotes qui surprennent et font sourire tellement elles sont décalées. Il y a de l'émotion, bien sûr, du chagrin un peu, de la colère et de l'amertume. Mais ce sont les petites choses qui parlent et qui traduisent le mieux l'état d'esprit dans lequel se trouve le narrateur. C'est par ces petites choses qu'on le voit prendre conscience de ce qu'il a perdu, de ce qu'il est en train de trouver et de construire. De sa métamorphose en homme de 40 ans, en écrivain, en fils.

J'ai d'abord eu beaucoup de mal avec ce personnage que j'ai trouvé très antipathique, et puis petit à petit, je me suis souvenue de l'état d'esprit dans lequel on est quand on vient de se faire plaquer. Et j'ai ri. Des petites phrases, des punchlines, des réflexions qui ne peuvent que faire réagir, quand d'autres donnent profondément à réfléchir.

Il y a même eu d’autres moments où je me suis surprise à faire des parallèles avec Le dossier M de Grégoire Bouillier (ce qui, venant de moi est un énorme compliment), parce que les petits riens qui remplissent le quotidien font souvent de bons romans, des romans de la vie, la vraie.

Finalement, je suis attendrie, quand même, par ce quarantenaire gronchon qui n'est rien d'autre qu'un homme malheureux.


« [l’amour] revêt des choses insensées, il nous submerge, il s’est invité en nous le temps d’une nuit et il a tout ravagé, il nous a réinitialisés, avant lui, on ne se souvient plus de ce qu’il y avait. »

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