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Une minute quarante neuf secondes

Riss

« À quoi bon écrire ou dessiner. Nos efforts s’effondreront en direction du néant. L’instant où il faudra reposer la plume sera cruel car il sonnera la fin de l’illusion »

Riss est le successeur de Charb. Il est celui qui a repris la barre du navire de Charlie Hebdo après les attaques du 7 janvier 2015 dans les locaux de l’Hebdo Satirique, attaques qui ont coûté la vie à nombre de ses collaborateurs, qui ont attenté à la liberté de la presse et à l’esprit Charlie.

Le récit commence. C’est le matin du mercredi 7 janvier. Il est 11h00. La réunion de rédaction est sur le point de commencer. Tous les protagonistes sont là, ou sur le point d’arriver. L’ambiance est bonne, détendue. Les plaisanteries fusent… Juste avant les balles.

Seconde par seconde, Riss va décortiquer ce court laps de temps qui sépare l’avant de l’après. La vie de la mort. La joie de la tristesse, du deuil le plus profond.


« La liberté est un combat contre l’absence d’imagination, contre l’absence de créativité, contre l’absence d’audace, contre l’absence d’insolence, contre l’absence de fougue. Pas de liberté d’expression sans acharnement pour la conquérir et la garder. »

Avec des mots simples, vifs, crus (et parfois cruels), le nouveau rédacteur en chef de Charlie décrit ce qu’il s’est passé pendant mais également après. Comment ces 109 secondes ont viscéralement modifié l’esprit de la rédaction mais également d’un pays dans ses valeurs, ses convictions. S’attaquer à Charlie, c’est s’attaquer à la liberté de la presse, de la liberté d’expression.

C’est aussi un révélateur de la méchanceté et de la vénalité de certains. Il faut être courageux, il faut garder le cap, mais ne pas oublier que continuer, c’est prendre des risques. C’est accepter d’entendre que les blessures, les morts même étaient méritées. C’est terrible de constater que pour une partie de la population, ces attentats étaient justifiés. Non, ils ne l’étaient pas. Rien ne justifie qu’on s’en prenne à quelqu’un de manière si violente pour une divergence de point de vue, de foi, de conviction. Rien ne justifie qu’on renie ce que l’on a participé à construire. Rien ne justifie que sa vie soit en danger pour des dessins.

Riss continue donc de se battre et de dessiner, d’écrire, de s’exprimer et de dénoncer. Charlie Hebdo a traversé bien des épreuves et s’est toujours relevé, malgré tout, malgré tous. Un peu aussi grâce à ceux qui continuent d’y croire : journalistes, chroniqueurs, dessinateurs, lecteurs…


Un récit à lire pour comprendre vraiment ce qu’est Charlie, quelle est sa ligne, sa volonté, sa ligne éditoriale. Un livre à lire pour les soutenir, les comprendre. Un livre à lire aussi parce que tant de courage et de pugnacité, c’est beau, c’est fort, c’est admirable.


« Lentement et sans bruit, comme s’ils craignaient de réveiller leurs défunts, les visiteurs se retirèrent »


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