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La porte du voyage sans retour

David Diop


« Grâce à l’art, nous arrivons parfois à entrouvrir une porte dérobée donnant sur la part la plus obscure de notre être, aussi noire que le fond d’un cachot. »

C’était trop court. Beaucoup trop court. Pendant quelques jours, j’étais à nouveau au Sénégal. Pendant quelques jours, grâce à l’art des mots et des phrases de David Diop, j’ai vu la lumière, j’ai senti la chaleur du soleil de Dakar, les odeurs d’eucalyptus et le goût des fruits qui désaltèrent. J’étais dans ce pays si beau, si doux, si magique. J’ai pourtant eu du mal à entrer dans cette histoire, impatiente que j’étais de retrouver les paysages que j’aime tant.


1793. Le père d'Aglaé meurt. Elle a appris à le connaître sur le tard, puisque dans son enfance, il n’était pas là, absorbé par ses plantes et des sciences. D’ailleurs, elle a été élevée par sa mère et le second mari de cette dernière. Mais arrivée à l’âge adulte, elle s’est rapprochée de celui qu’elle ne connaît pas et elle a appris à l’aimer, à le comprendre.

A sa mort, elle hérite du peu qu’il avait. Parmi tous ses objets hétéroclites, une petite table. Un tiroir, un double fond, un journal. Ce sont ces pages qui vont permettre à Aglaé de savoir ce qu’a vécu son père au Sénégal, 50 ans auparavant. Une histoire d’amour, de quête, de souffrance et de déni. Mais avant tout l’histoire d’un pays généreux, sali par le commerce des esclaves et les toubabs irrespectueux des coutumes qu’ils ne comprennent ni n’acceptent.


« ... l’opinion que nous avons de nous-même tient aux contrées et aux personnes face auxquelles nous nous trouvons »

David Diop est fort de sa double culture je pense. Et c’est ce qui rend ce récit si beau, malgré quelques passages difficiles. La poésie de sa plume rend hommage au Sénégal, un hommage largement mérité. J’ai retrouvé les protagonistes en rêves toutes les nuits, riche de ma propre expérience, de mes propres souvenirs. J’ai été subjuguée par les descriptions des paysages, des sites, mais aussi des hommes et des femmes, de la culture Wolof. J’ai compris aussi. J’ai appris pourquoi certaines questions, pourquoi certains comportements. Je me sens encore plus “Sénégauloise”, encore plus pleine d’amour et d’admiration pour ce peuple et ce pays meurtris par la barbarie des Toubabs, et qui pardonnent.


« S’aimer, c’est aussi partager le souvenir d’une histoire commune. ».

J’aime le Sénégal, j’espère que lui m’aime aussi. Et je suis reconnaissante à David Diop de m’y avoir emmenée une nouvelle fois avec ses mots et ce magnifique récit.




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