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Normal People

Sally Rooney

En Irlande, en 2011, Connell et Marianne fréquentent tous les deux le même lycée. Lui est assez populaire, il joue dans l’équipe de foot du lycée. Elle, c’est la fille bizarre, qui n’aime pas grand monde et que personne n’aime. Tous deux sont d’une très grande intelligence. Tous deux ont des traumatismes, des troubles avec lesquels il leur faut vivre. Sans surprise, ils se retrouvent, s’aiment, en quelque sorte.

De mois en mois, ils se suivent, se quittent, se retrouvent, se croisent, s’aiment, se font du mal, se soutiennent. Des sauts dans le temps, d’un trimestre, de quelques jours ou de quelques semaines, et toujours Marianne et Connell gravitent l’un autour de l’autre, avec la sensation viscérale que personne au monde ne peut les comprendre et les accepter tels qu’ils sont, à part l’un et l’autre. Ils traversent les années fac ensemble, Marianne ayant réussi à convaincre son ami de postuler à Oxford, en lettres. Doutant de leurs capacités propres, ils trouvent en l’autre la force d’avancer. Connell a besoin de Marianne pour prendre conscience de son intelligence, Marianne a besoin de Connell pour prendre conscience qu’elle a le droit d’être aimée sans être soumise.


C’est une écriture particulière : on passe de la tête de l’un à celle de l’autre, du présent au passé, d’un traumatisme à un autre, parfois dans un seul et même paragraphe. Les destins et les souffrances liés des deux protagonistes, leur apprentissage de la vie, leurs choix (et les conséquences), les relations, le monde qui tourne autour d’eux, le noyau qu’ils se sont fabriqué, à deux.


C’est déstabilisant et en même temps très addictif, parce que derrière le sexe, l’alcool, il y a deux enfants, deux jeunes adultes qui ne savent pas bien où ils vont mais qui savent qu’ils y vont mieux ensemble, et que même séparés, ils sont là l’un pour l’autre, l’un avec l’autre. Accrochés l’un à l’autre comme une moule à son rocher, mais on ne sait jamais vraiment lequel des deux est la moule, ils changent de place sans arrêt et la dépendance affective et mutuelle, au-dessus de tout autre lien.


Voici ce que l’on pourrait définir comme un OVNI littéraire. L’écriture est rapide, incisive, et du coup parfois un peu difficile à lire, mais la fluidité est la même que celle qui peut être celle de nos pensées, ça a donc un côté authentique. Dans l’idée des sauts dans le temps et de l’imbrication des destins, ça m’a fait penser à Un Jour de David Nicholls… en plus triste quand même…


A lire quand on est en forme donc… et qu’on veut comprendre un peu mieux les liens viscéraux qui peuvent parfois ancrer ensemble deux personnes qui n’ont, à première vue, rien en commun.

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