top of page

Monsieur Romain Gary - Écrivain Réalisateur

Kerwin Spire

« Nous devons sacrifier l’avenir pour garder intact le souvenir de notre passé. »

Une biographie romancée  ? Youpi, cet ouvrage sur l’histoire de mon cher Romain Gary attendait patiemment dans ma Billyothèque que je m’en empare enfin pour continuer à creuser dans la vie d’une de mes idoles littéraires.


« …on ne condamne pas quelqu'un à l’enfer au nom du paradis.  »

En 1960, après avoir rencontré et séduit la jeune et belle actrice Jean Seberg, Romain Gary décide de mettre en pause sa carrière diplomatique pour se consacrer entièrement à son écriture. Il en a soupé des dîners mondains, du protocole et de la représentation de l’Etat Français à l’étranger. Cela fait quinze ans qu’il fait ça, maintenant il veut se donner entièrement à son art et à la jeune femme qui partage sa vie. 

Dans le grand appartement qu’il loue au 108 rue du Bac, dans le 7ème, ils apprennent à vivre l’un avec l’autre même s’ils ne sont pas vraiment ensemble, chacun accaparé par ses devoirs professionnels. Jean tourne, Romain écrit et rencontre de grands hommes de la vie politique, à commencer par le Général de Gaulle lui-même et l’ami des compagnons de la libération, André Malraux. Ils sont néanmoins très amoureux. 

Elle obtient le divorce, en deux fois, et lui galère à entériner sa séparation d’avec Lesley Blanch, bien décidée à ne pas se laisser évincer par une gamine de 22 ans. Mais il ne s’agit pas d’une amourette de passage, et Gary arrivera finalement à ses fins, ce qui lui permettra d’épouser Jean Seberg dans le plus grand secret, dans un petit village corse, lui permettant ainsi de donner un état civil réglementaire à leur petit garçon de 15 mois, Alexandre Diego. 

Autour des amours de l’actrice et de l’écrivain, il y a le travail, bien sûr, mais également la politique. Gary a beau essayer de ne pas s’impliquer, il est dedans : impossible de s’échapper de l’aura du Général et de ses ministres, dans une période marquée par la crise, la guerre d’Algérie et les manifestations. 

L’auteur se cherche et tente de se trouver dans la réalisation d’un film, adapté de l’une de ses nouvelles, Les Oiseaux vont mourir au Pérou, qui va mettre à mal le couple mais également la confiance en lui de cet homme aux multiples casquettes. 

Mais Romain Gary est un individu qui sait rebondir, qui sait s’adapter et rester digne. Cette décennie a beau être compliquée, il en faut plus pour abattre ce grand homme. 


« Lorsque la plus grande force spirituelle de tous les temps, qui est la connerie, se fait à nouveau entendre, (…) j’appelle toujours la voix de mon frère Océan à la rescousse. »

Finie la carrière diplomatique, voici venu le temps de l’art et de l’amour passionnel. Rien de nouveau sous le soleil ? Et bien si. On a beau en savoir beaucoup sur le couple Gary-Seberg (notamment dans ce que l’auteur a dévoilé lui même ou en lisant Tous Immortels de Pavlovitch, pour ne citer que ça), on reste surpris par la tournure inattendue que prennent certains évènements de la vie du couple et de l’homme. 

Kerwine Spire a pris le parti d’ancrer le personnage dans le contexte historique et politique des années 60. Ce n’est pas seulement le parcours de l’écrivain en tant qu’artiste et mari qui est dépeint dans ses pages, mais bien le portrait d’un idéaliste confronté à la réalité d’une époque, du temps qui passe et des intérêts personnels de ses idoles. Le lien très fort qui l’unit à Charles de Gaulle est mis à mal par l’ambition de ce dernier et les choix qu’il fait, mais Gary reste fidèle. La France ne comprend plus son auteur couronné par “Les racines du Ciel”, les désillusions sont nombreuses quand il se rend compte que tous ses projets ne sont pas couronnés de succès, mais chaque désillusion est une opportunité de grandir et de se lancer de nouveaux défis. Dans ces pages, on rencontre un auteur en décalage avec son temps, son pays et peut-être même avec lui-même. Un homme qui a revêtu tellement de costumes différents qu’il ne sait plus de quelle couleur est sa vraie peau, son identité propre, sa langue même. Est-ce le début de la recherche du véritable Romain par Gary ? A suivre donc, avec Spire ou un autre, tant qu’on est avec le génie !


« Le véritable bonheur, c’est se débarrasser de soi-même ;  et il n’est vraiment libre et débarrassé de lui-même que lorsqu’il écrit. »

5 vues0 commentaire

Posts similaires

Voir tout
bottom of page