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Embruns

Louise Mey

« L'humiliation s'ajouta à la fureur, et elles se mirent à clapoter en lui, en une vague mousseuse et acide qui montait petit à petit, comme un écho à la tempête du dehors. »

Les Moreau. Les parents, Chris et Béa. Les enfants, Bastien et Marion. Ils sont beaux, sportifs, talentueux. Ils forment une famille soudée et pleine de réussites.

En juillet, une offre irrésistible se présente à eux : un week-end prolongé sur une petite île de Bretagne, dans une maison « Art et Décoration ». Peu d’habitants, la mer à perte de vue, de quoi aider Marion à soigner sa phobie de l’eau peut-être.

Sauf que rien ne va se passer comme prévu. Une ambiance bizarre sur l’île, des regards dans la nuit, pas de réseau téléphonique et, pour couronner le tout, une tempête de force 9 qui empêche toute fuite de l’île. La famille ne se sent pas pour autant en danger. Jusqu’à ce que Marion - 17 ans - disparaisse. Branle-bas de combat pour la retrouver. Tous les insulaires sont mobilisés pour aider Chris et Béa à la retrouver. Malgré le vent, la pluie et le froid. Malgré le mauvais pressentiment. Il faut retrouver la gamine. Elle ne doit pas être bien loin, l’ile est si petite.

Et puis elle est retrouvée, et puis une autre chasse commence. Et puis les réflexes, la nature profonde et les secrets des Moreau font surface, dévoilant un portrait de plus en plus surprenant.

Que cachent ces quatre-là ? Et pourquoi les habitants de l’île sont-ils si avides de les aider ?


« Personne ne s'attend à ce qu'une gamine monte à l'assaut (…) bouger, courir, frapper. »

Louise Mey a sans nul doute lu les polars de Pierre Lemaitre. Et elle en a compris la mécanique, s’est approprié avec brio l’art de nous mener là où elle veut comme elle le veut, sans laisser le moindre indice, même au lecteur de polar le plus chevronné!

Autant j’avais été un tout peu déçu par Petite Sale, autant j’ai retrouvé dans Embruns le savoir-faire et l’habilité qui m’avaient tant plu dans Les Ravagé(e)s.

Dans ce huis clos oppressant quoiqu’en plein air, on cherche avec les personnages la trace de Marion puis on suit avec avidité la chasse qui s’ensuit. On ne se doute de rien et, lorsque les explications explosent on se dit que mince, on n’avait rien vu venir. On repense à quelques indices qu’on a pu laisser passer pendant la lecture et à ce qu’on a trouvé un poil bizarre mais jamais on aurait pu envisager ça!

Un roman comme je les aime, qui nous happe et ne nous laisse aucune chance de nous échapper, qui ne nous donne de répit qu’une fois terminé, avec la satisfaction d’avoir passé un bon moment, de s’être laissé prendre comme un bleu, de pouvoir encore être pris et surpris dans le suspense malgré tous les polars lus avant.

Un très bon moment donc !! Merci Louise Mey!


« Ils se regardèrent, et plus rien n'exista. Ils se regardèrent comme si tout en ce monde s'écoulait loin d'eux, comme s'il ne restait sur un radeau perdu dans l'univers que leurs visages tournés l'un vers l'autre. »

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