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L'inconnue du Portrait

Camille de Peretti

« La peine, c'est pour ceux qui pensent qu'ils ont droit à la joie. »

Plébiscité lors de sa sortie à la rentrée littéraire d’hiver 2024, ce roman sur fond d’art pictural m’appelait depuis janvier. En préparation d’une rencontre virtuelle avec l’auteure, j’ai enfin pris le temps de me plonger dans cette délicieuse enquête !


«… toute peur est chevillée à un espoir, celui d'en réchapper. »

En 1910, à Leobendorf en Autriche,la jeune Martha élève seule son bébé. Elle est fille mère et se méfie des hommes. Elle n’a qu’un seul but, le protéger. Après avoir fuit Vienne, elle a trouvé une place dans une usine et met chaque once d’énergie dans cet enfant si beau. 

En 1927, à New-York, Isidore est un gamin de 17 ans qui décide d’abandonner son coin de trottoir où il cirait les chaussures comme personne. Il a quelques économies de côté et décide de suivre les conseils de ses clients, traders de Walt Street et de boursicoter. Amoureux de la belle Lotte Hoffman, il sait qu’ils ne viennent pas du même monde et qu’il va devoir trouver en lui la force de faire oublier ses origines modestes pour séduire le père de la belle et le convaincre d’accepter le mariage. 

1988, toujours à New-York, Michele rencontre un avocat pour faire reconnaître sa fille : elle exige un test ADN de la part de celui qu’elle sait être le géniteur de Pearl, âgée de 18 ans et sur le point d’intégrer l’université de Columbia. La prostituée est physionomiste, elle n’oublie jamais un visage, et elle a reconnu dans la presse le magnat de l’industrie qu’elle avait eu pour client. Pearl a donc un père et ce dernier peut être celui qui pourvoira à ses besoins et qui, finalement, s’avèrera un attachant compagnon auquel elle s’attachera plus qu’elle ne le pensait. 

Et en filigrane de tous ces destins qui - forcément - se croisent et se recoupent, il y a le l’inconnue du Portrait d’une Dame de Klimt. Ce tableau qui sera perdu puis retrouvé à plusieurs reprises tout au long du XXème siècle a, dans cette histoire, valeur de liant, ses secrets étant intimement liés à ceux des protagonistes. 


« Il y a celui que nous sommes et celui que nous nous rêvons être, et les deux coïncident si peu que le second empêche le premier de jouir de qui il est. »

J’avoue que je m’attendais à un premier roman (mea culpa Mme de Peretti) et j’ai été très vite absorbée par ces histoires, ces destins, ces retournements de situations qui montrent la force du courage, de l’abnégation de ceux qui ne naissent pas avec une cuillère en argent dans la bouche mais qui feront ce qu’il faut pour avoir leur argenterie bien à eux. 

Isidore, Pearl, mais aussi Martha sont des gens courageux et valeureux, auxquels on s’attache forcément. 

L’écriture est fluide et, même si cela ne correspondait pas à ce que j’imaginais, j’ai été complètement charmée par la tournure du récit et la beauté qui ressort de ses pages. Une sensibilité à fleur de peau qui met l'œuvre de Klimt et particulièrement ce tableau là à l’honneur. 

Partant d’un fait divers rocambolesque de 2019, l’auteure a réussi à créer une très belle histoire de famille, ou plutôt une sorte de saga, sur plus d’un siècle. De Vienne à New-York en passant par l’Italie, on suit les traces d’une œuvre qui est bien plus qu’un portrait, c’est un témoignage d’une époque, d’événements et de trahisons. Moi qui ne suis pas une grande fan de Klimt, je n’ai pas eu de mal à m’attacher à ce tableau qui m’a fait voyager à travers le temps et les continents. Un superbe moment de lecture ! 


 « La vérité et le mensonge sont comme l'eau et l'huile, on imagine pouvoir les mélanger, mais l'huile finit toujours par remonter à la surface. »

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