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Les invités de Marc

Tiphaine du Boÿs

« La trentaine est un moment charnière, un entredeux bâtard qui signe la fin de la vie étudiante et le début de l'âge adulte. »

Ce soir, Léonore sort. Elle rejoint ses meilleurs amis chez Charlie, l’une d’entre eux. Puis ils se rendront tous à la fête d’anniversaire de Marc, dans un bel appartement du 16ème.

Arrivée dans l’avenue Bugeaud, Léo se sent très vite mal à l’aise : les personnes présentes lui sont étrangères, ses amis la délaissent et elle ne se sent pas à sa place. Quelque chose cloche. Et il y a cette fille, Alice, qui prend tout le monde de haut. Cette autre, Mélanie, complètement ivre que Léonore va aider à contre cœur avant de la voir être mise dehors sans ménagement. Et cette blessure à la cuisse. Léo ne sait pas comment elle s’est fait ça, mais ça suinte, ça brûle, ça fait horriblement mal.

Dépitée par la tournure prise par cette soirée qui promettait d’être extra aux dires de ses amis Mathis et Axel, la jeune femme rentre chez elle, perdue non pas dans Paris mais dans sa vie, et dans le constat accablant qu’elle en fait.

Le lendemain, déjeuner avec son amoureux et puis rendez-vous avec Charlie. Il faut déblayer les événements de la veille, raconter et se faire raconter ce qu’il s’est passé, ce que les uns et les autres ont raté, les événements vus à travers les différents prismes, les perspectives, les sensations…

Léo n’a pas fini d’être surprise…


« Dans un monde où la valeur de l'information surpasse celle du temps, mieux vaut consigner à tort que louper le coche. »

Ça peut paraître mince et linéaire raconté comme cela mais ce roman est vraiment intéressant en ce qu’il dévoile un pan de cette génération de jeunes diplômés (ici de grandes écoles de commerce), sur le marché du travail et de la drague, citadins convaincus et fêtards qui, un jour, se réveillent et ont 30 ans (attitude prétentieuse qui n’est pas l’apanage des seuls jeunes parisiens mais de toute une génération qui a plaisir à prendre leurs aînés pour des abrutis).

Regards en arrière sur les souvenirs - bons ou mauvais - qui ponctuent cette amitié qui unit Léo à Jeanne, Charlie, Alex et Mathis. Et Yasmine, aussi, à part bien sûr…

C’est marrant de la voir, cette enfant des années 1990 réaliser qu’elle aussi vieillit, qu’elle aussi doit accepter que les temps changent, que la vie évolue et que ce qu’elle pensait vrai depuis des années ne l’est peut-être pas tant que ça, que les convictions qu’elle s’était forgées ne sont basées que sur le vent de ses certitudes.

C’est rafraîchissant et même rassurant de constater que ceux qui prennent les quarantenaires (et plus) pour des vieux cons sont eux aussi confrontés à la vraie vie, aux vrais mensonges, aux vraies désillusions.

Ce n’est pas par méchanceté que je dis ça, je le dis parce que l’auteure exprime parfaitement ici cette prise de conscience qu’il est nécessaire d’avoir à un moment donné de sa vie, surtout quand tout semble nous sourire (jaune, de toute évidence).

Ce que je veux dire, c’est qu’avec simplicité, humour et humilité, Tiphaine Du Boÿs souligne l’importance de revenir à l’essentiel et de ne pas se tromper : d’amis, d’amours, de vie.

Un premier roman rafraîchissant mais pas débilitant. Une manière parfaite de terminer l’année 2023 !


« Le contenu des messages que je disperse importe moins que les destinataires auxquels ils me lient. »

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