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Okavando

Caryl Ferey

« Si on n'avait pas le droit de recommencer, on passerait notre temps à avoir peur de se tromper et on resterait là, comme des cons. »

Après l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et la Russie, je retrouve l’auteur Breton pour un polar en plein cœur des réserves Africaines, au bord du fleuve Okavango.


« Une gratitude éternelle valait mille passions que le temps éteignait. »

Par une nuit sombre, dans le domaine privé de Wild Bunch, un jeune homme est tué sauvagement. Les rangers Solanah et Seth, plus habitués aux cadavres d’animaux et à la chasse aux braconniers, n’en sont pas moins chargés de l’enquête sur la mort du garçon. La Namibie, comme le Botswana et une partie de l’Afrique du Sud sont traversés par ce fleuve qui finit dans le Delta du même nom, abritant des réserves d’animaux sauvages menacés pour certains d’extinctions. C'est le terrain de chasse privilégié des braconniers en quête de richesse : ivoire, pattes de lion ou oreilles de girafe. C’est dans ce contexte que les deux enquêteurs vont avancer, bon an mal an, aidés en cela par le propriétaire de Wild Bunch, John Latham, au passé flou, et des San qui occupent le territoire avec lui, notamment N/Kon, le mystérieux bras droit de l'Afrikaner.

C’est une enquête aux rebondissements nombreux qui met en lumière les trafics véreux et souvent internationaux autour des animaux qui font rêver les enfants et s’émouvoir les plus grands. Qui a tué le jeune garçon ? Pourquoi ? Et quels sont les enjeux de ce crime ? Dans un environnement sauvage et néanmoins fantastique, Seth, Solanah et ceux qui veulent bien les aider vont devoir déjouer bien des embûches et se confronter à des salauds de la pire espèce, parfois même les plus inattendus !

« L’humanité n’est pas divisée entre les bons et les mauvais (...), c’est pour ça que la loi est la même pour tous. »

Je suis une aficionada de Caryl Ferey. j’ai absolument adoré Zulu et Lëd, pour ne citer que ceux-là, et j’apprécie particulièrement la capacité de l’écrivain à nous plonger dans des univers, des environnements qui sont à mille lieux de nos représentations. En situant son roman dans l’Afrique profonde, celle des lions, des rhinocéros mais aussi celle de la pauvreté, de la générosité et des inégalités raciales persistantes malgré la fin de l’apartheid, Ferey nous plonge dans une réalité qui laisse songeur (et rêveur). Comme Colin Niel dans Entre fauves, il dresse un bilan désastreux de la chasse et du braconnage, mais nous laisse l’espoir lié à ceux qui se battent comme ils peuvent pour protéger la faune et la flore du berceau de l’humanité. En dénonçant les flux boursiers liés à l’ivoire notamment et aux magouilles orchestrés par d'anciens militaires devenus de puissants hors-la-loi, c’est la réalité d’un marché morbide qu’il dénonce : celui de l'intérêt suprême de l’humain au détriment de la nature qui devrait être préservée.

Tant que j’ai été dans les pages, j’ai trouvé - je dois l’avouer - qu’il y avait quelques longueurs, peut-être certains éléments d’intrigue dont on se serait bien passé. Mais au final, tout fait sens, et tout a sa place dans cette pièce qui fait montre du manque de scrupules des hommes face à la nature, mais aussi de la détermination de certains vaillants à la protéger, à la sauver, envers et contre tout, même contre la loi.

Un Caryl Ferey ambitieux et exigeant donc, qui donne envie d’aller à la rencontre des rois de la faune africaine, dans un cadre majestueux, celui du delta du Botswana, dans le désert du Kalahari. Amoureux de la nature, précipitez-vous sur ce roman ; fan de polar, jetez-vous sur cette enquête !


« Si on considère ses amours comme des échecs, tous les moments merveilleux n'ont aucune chance de rester vifs comme des petits soleils. »
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