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Pallas - Dans le ventre de Troie

Marine Carteron

« Les armes ont des oreilles et, bien mieux que les hommes, elles connaissent le chant de la guerre. »

Dernière lecture du (premier tour du) #challengevleeldelhiver 2024, ce roman ado dévoile une autre version de l’Illiade, un point de vue prenant et inattendu.


« Chercher à briser ses liens, c'est se blesser en n'arrivant à rien. »

Tout commence 52 ans avant la chute de Troie. Les dieux de l’Olympe se font la guerre, se manipulent, se trahissent, pendant que sur Terre, une jeune femme, Héliose, est donnée en sacrifice à Céto, le monstre marin qui empêche les échanges de se faire entre Troie et le reste du monde. Cette fille est la prêtresse d’Athéna, celle qui doit protéger le palladion coûte que coûte. 

Quatre ans auparavant, Athéna, Héra et Poséidon ont manigancé contre le dieu des dieux et des hommes, Zeus. Ce dernier s’en étant rendu compte a puni sa fille et sa femme d’une année de supplice et son frère a été envoyé sur Terre pour aider le roi de Troie a construire les remparts de la cité. Héliose n’est alors que la fille de la gardienne de Pallas et du roi Laomédon, une bâtarde autorisée à vivre à la cour mais sans les avantages de ses frères et sœurs, légitimes. Elle n’en a cure, elle aspire à la liberté. Lorsqu’elle rencontre Télamon, elle n’a que 14 ans mais déjà, elle sent que cet homme changera sa vie. 

De nombreux rebondissements mettant en scène les déesses Athéna, Héra, Eos, mais également les humains troyens et grecs, poussent Hésione à renoncer à la liberté à laquelle elle aspirait pour prendre la place de sa mère au temple du Palladion. Sa mission, la plus sacrée et la plus importante, est de veiller sur Pallas, cachée dans le ventre du sanctuaire, comme sa mère, la nymphe Strymo. 

Mais la première guerre de Troie est sur le point d’éclater, et Hésione va devoir faire des sacrifices encore plus lourds que ce auxquels elle s’attendait, parce que les hommes et les dieux entendent bien ne pas se plier aux simagrés des femmes, qu’elles soient divines ou non.  


« La colère la rend belle, sa tristesse encore plus. »

C’est un traitement intéressant que l’auteure nous propose ici de l’Illiade. Elle choisit la voix des femmes, comme Philippa Gregory l’avait fait dans ses romans historiques sur la guerre des deux roses et le règne d’Henri VIII d’Angleterre. 

Grâce aux chants qui ponctuent le récit, on se repère facilement dans les passages traités et la chronologie des faits mythologiques, même s’il est parfois compliqué de se retrouver dans tous les noms et surtout dans les liens familiaux qui unissent les différents protagonistes. Contrairement à ce que l’on peut voir dans d’autres sources, Zeus n’est pas dépeint ici comme un dieu bienveillant mais comme une idole capricieuse, exigeante, misogyne et traître. Un discours très féministe donc, qui donne à voir des hommes dénués de toute bienveillance, à l’exception d’un ou deux, quand même. 

Le discours direct est décalé par rapport au récit très recherché et bien construit, sur le modèle des grands récits de la mythologie, ce qui le rend à la fois accessible et très contemporain : les combats, les désaccords entre les genres sont bien présents. La dualité entre force physique (les hommes/ dieux) et sagesse (femmes/ déesses) est très prégnante, et peut-être même un peu trop dans un roman qui s’adresse aux grands ados et particulièrement aux filles. 

Je me suis détendue, j’ai appris, j’ai voyagé, j’ai passé somme toute un bon moment mais j’ai été dérangée par ce parti-pris qui pourrait nourrir une misandrie qui fait déjà des ravages chez nos jeunes femmes du XXIème siècle. 

Il me tarde cependant de lire la suite des aventures de Pallas, d’Athéna et d’Hésione ! 

  

« Il m'a fallu l'éternité pour m'habituer, mais ce n'est pas grave. L'éternité est la seule chose dont je dispose à profusion. »

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