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Fermer les yeux

Antoine Renand

« La gendarmerie est une vieille dame, qui n'aime pas reconnaître ses erreurs…»

À l’été 2005, dans un petit village d’Ardèche, c’est le drame. La petite Justine, 7 ans, a disparu. Tout le village organise une battue pour la retrouver et c’est le gendarme Dominique Tassi qui tombe sur elle, du moins sur son cadavre, dans les bras de celui que tout accable : Gabin, le marginal de la bourgade. Garde à vue, mise en détention, jugement, condamnation. Tout va très vite. 

15 ans après, c’est une jeune fille d’une quinzaine d’années qui est retrouvée morte, enterrée dans la forêt, affreusement mutilée, torturée, violée. Tassi, qui a pris une retraite anticipée, apprend par les médias qu’il y a des similitudes avec ce qu’il avait constaté sur le corps de la petite Justine. Mais Gabin est toujours incarcéré, ce qui voudrait dire que… 

Pendant de nombreux mois, l’ancien gendarme, rejeté par ses anciens collègues et vilipendé par les enquêteurs en place,  va remuer ciel et terre pour découvrir des indices, faire des recoupements avec d’autres fugues ou disparitions. Quand il a assez d’éléments, il se rapproche de l’avocate de Gabin et ils obtiennent la révision du procès de ce dernier en cassation. Dominique témoignera du manque de sérieux dans l’enquête sur la mort de Justine. Mais prouver que le marginal n’a pas tué l’enfant n’est pas suffisant, il faut trouver qui a fait le coup, qui se cache derrière la mort de l’enfant, de l’adolescente assassinée en 2019 et des disparitions des 7 autres jeunes femmes portées disparues ces dernières années. 

Ayant convaincu Nathan Rey, écrivain spécialisé dans les tueurs et série, de mener l’enquête avec lui, Dominique Tassi va remonter le fil des années précédentes, au mépris des enquêteurs, des menaces qui planent sur lui et de la maladie,  jusqu’à démêler ce noeud d’horreurs, pendant qu’Emma se battra de toute son âme pour convaincre de l’innocence de son client. 


« Il ne désirait pas le malheur des gens; seulement il ne souffrait plus d'être le témoin de leur joie. »

Ce 3ème polar de l’auteur que je lis est aussi le plus alambiqué. Dans les débuts, j’ai eu du mal à savoir où il voulait m’embarquer. De changements de date en déplacements géographiques, d’un personnage et d’une situation à d’autres sans réelle cohérence, du moins le croit-on. Car une fois tous les éléments mis en place comme des pièces d’un puzzle, on y voit plus clair et les pièces s'emboîtent jusqu'à l’issue finale. 

Dans les remerciements, l’auteur explique que ce roman était initialement un scénario et effectivement, on retrouve ici tous les codes du cinéma. Du coup, ça va vite, on ne perd pas de temps et les descriptions, tant des personnes que des lieux, ne noient pas le lecteur. Ceci dit, à vouloir aller trop vite et mettre trop de choses, on peut embrouiller son interlocuteur et je pense que ce polar aurait gagné à être allégé de quelques passages qui n’apportent rien à l’intrigue principale, même s’ils permettent de mieux cerner les caractères. 

Après l’Empathie (on ne peut plus surprenant) et S’adapter ou mourir (une vraie claque) je reste donc sur cette impression que Renand a définitivement un talent pour emmener son lecteur et le déconnecter, le plonger dans l’enquête. Mais aussi qu’il y a un peu trop de détails qui desservent l’intrigue. 

Ceci étant, cette lecture était exactement ce dont j’avais besoin en cet instant T : de la détente, du suspense, autre chose, du rapide et de l’efficace. Un polar chargé, mais comme je les aime : pas prise-de-tête, alambiqué et plein de rebondissements et de personnages attachants. Objectif atteint donc, Monsieur Renand ! 


« La probité ne va pas toujours de soi, c'est une discipline.»

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